NETTALI.COM - Le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal – section Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sudes- ESR Ucad) rejette catégoriquement les décisions issues du Conseil académique du 12 février 2026.
Dans un communiqué publié le 13 février, le syndicat exprime sa “plus vive consternation” face à des mesures jugées inadaptées et dangereuses pour l’avenir de l’institution.
Dans un contexte marqué par “le deuil, les blessures et la détention d’étudiants”, le SUDES-ESR estime que la réponse apportée par les autorités universitaires ne tient pas compte de la gravité de la situation.
Pour le syndicat, décréter une reprise des enseignements sans rouvrir au préalable le campus social ni rétablir des conditions de vie dignes pour les étudiants relève d’une “dangereuse fiction administrative”.
Le Sudes-ESR considère qu’appeler à la sérénité alors que l’université est quadrillée par les forces de sécurité et que des étudiants sont psychologiquement éprouvés ou maintenus en détention est “une absurdité”. Aussi, le syndicat dénonce- t-il la suspension “à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre” des amicales d’étudiants . Une décision qualifiée de “liberticide et contre-productive”.
Pour le Sudes-ESR, il est incohérent de vouloir organiser des concertations pour une sortie de crise durable tout en écartant les interlocuteurs légitimes que sont les amicales. Le syndicat exige le rétablissement immédiat de leurs activités ainsi que la libération des étudiants qu’il considère comme arbitrairement détenus.
Au-delà des décisions académiques, le Sudes-ESR pointe ce qu’il considère comme la cause profonde de la crise : le non-paiement des arriérés de bourses. Il appelle le gouvernement à procéder au règlement de ces dus, estimant qu’un tel geste contribuerait à apaiser les tensions et à recréer un climat de confiance.
Le syndicat exige également la réouverture immédiate du campus social, condition qu’il juge sine qua non à toute reprise normale des cours.
Enfin, le Sudes-ESR alerte sur l’atteinte aux franchises universitaires et aux libertés académiques. Il s’interroge sur le respect de ces principes lorsque les forces de sécurité investissent massivement le campus et que des décisions pédagogiques sont influencées par des impératifs sécuritaires.
Rappelant que l’autonomie des universités est consacrée par la loi 94-79 du 7 novembre 1994, le syndicat demande au gouvernement de s’engager à préserver ce principe fondamental.






