NETTALI.COM - Nouvelle secousse judiciaire dans le dossier des « 12 présumés homosexuels ». À peine 48 heures après leur placement sous mandat de dépôt, l’affaire connaît un tournant majeur : le crime de trafic de drogue est désormais officiellement intégré à la procédure. Une évolution qui élargit considérablement le champ de l’instruction ouverte devant le tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye.
Le procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye, Saliou Dicko, a étendu les poursuites dans son réquisitoire introductif adressé au juge d’instruction du premier cabinet. Initialement saisi pour association de malfaiteurs, actes contre nature, transmission volontaire du VIH et blanchiment de capitaux, le magistrat instructeur devra désormais également enquêter sur des faits présumés de trafic de drogue, visés contre X.
Ce choix n’est pas anodin. En matière criminelle, l’instruction n’est pas enfermée dans des délais stricts, ce qui ouvre la voie à des investigations approfondies et à d’éventuelles nouvelles mises en cause.
Les investigations menées par la Brigade de recherches de Keur-Massar ont mis en lumière la consommation de différentes variétés de stupéfiants par plusieurs mis en cause, y compris lors de relations sexuelles. Un fournisseur présumé de drogue serait désormais recherché.
Les douze personnes déjà écrouées pourraient ainsi faire l’objet de poursuites supplémentaires pour usage de drogue, en plus des infractions initialement retenues.
Dans le cadre de cette extension des investigations, le doyen des juges a délivré une délégation judiciaire à la Brigade de recherches. L’animateur Pape Cheikh Diallo, l’artiste Djiby Dramé et le banquier Doudou Lamine Dieng ont été extraits de la prison de Rebeuss pour des perquisitions à leurs domiciles. Divers objets ont été saisis, selon la même source, avant leur reconduite en détention.
L’affaire a débuté à la suite d’un renseignement signalant les agissements d’un jeune homme porteur du VIH qui aurait entretenu des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires. Interpellé le 4 février 2026, il a été soumis à un test de dépistage sur réquisition judiciaire. Le certificat médical a confirmé sa séropositivité.
Entendu par les enquêteurs, il aurait reconnu être conscient de son statut et avoir maintenu des rapports non protégés, notamment avec des partenaires rencontrés via des groupes de discussion sur les réseaux sociaux.
L’enquête s’est ensuite accélérée : deux partenaires ont été arrêtés, suivis de cinq nouvelles interpellations le 5 février, puis de quatre autres le 6 février, portant à douze le nombre total de personnes placées en garde à vue puis écrouées.
Selon les informations rapportées, huit d’entre elles ont été déclarées séropositives à l’issue des tests de dépistage, tandis que quatre ont été déclarées séronégatives.
Avec l’introduction du trafic de drogue dans le dossier, l’affaire prend une dimension criminelle plus large et plus complexe. Elle mêle désormais des volets liés à la santé publique, aux stupéfiants et au blanchiment de capitaux.
Les actes d’instruction se poursuivent et d’autres interpellations ne sont pas exclues. Au regard des qualifications désormais retenues, la procédure s’annonce longue, sensible et particulièrement scrutée.






