NETTALI.COM - Le Bureau de l’Assemblée nationale a convoqué une séance plénière ce lundi 9 février 2026 en vue de la validation de la composition de la commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom. Une initiative qui ravive le débat sur la multiplication des procédures de ce type au sein de la législature actuelle.

Cette nouvelle saisine intervient alors que l’élu, également maire d’Agnam, est déjà poursuivi dans plusieurs dossiers judiciaires. Selon des observateurs, la procédure actuelle porte sur des faits distincts de ceux ayant conduit à son placement sous mandat de dépôt en février 2025. La demande de levée de l’immunité vise cette fois des infractions présumées liées à la violation du secret de l’instruction, à l’introduction d’objets prohibés en milieu carcéral et à la diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, après la découverte de deux téléphones dans sa cellule.

Toutefois, cette nouvelle démarche parlementaire suscite des interrogations. Des voix critiques estiment que ces faits relèveraient davantage du régime disciplinaire interne de l’administration pénitentiaire que d’une procédure parlementaire mobilisant l’ensemble des députés.

Depuis le début de la législature, l’Assemblée nationale a été saisie à plusieurs reprises de demandes de levées d’immunité parlementaire ou de projets de mise en accusation devant la Haute Cour de justice, concernant aussi bien des députés que d’anciens membres du gouvernement.

Parmi les cas cités figurent notamment les procédures engagées contre les anciens ministres Sophie Gladima, Salimata Diop, Ismaïla Madior Fall, Moustapha Diop ou encore Amadou Mansour Faye. À ce jour, la majorité des personnes concernées bénéficient de mesures de liberté provisoire ou n’ont pas fait l’objet de suites judiciaires définitives.

Le cas d’Amadou Mansour Faye a récemment retenu l’attention après que la Cour suprême a annulé l’arrêté du ministère de l’Intérieur lui interdisant de quitter le territoire national, rétablissant ainsi sa liberté de circulation.

Cette succession de procédures judiciaires à forte portée politique alimente un débat plus large sur les priorités du Parlement. Certains acteurs estiment que l’Assemblée nationale devrait davantage concentrer ses travaux sur des réformes structurelles majeures, notamment celles relatives au Code de la famille, au Code électoral, à la réforme foncière ou encore à l’état civil.

Après près de deux ans de mandat, la multiplication des commissions ad hoc et des projets de mise en accusation continue de polariser l’actualité parlementaire, au détriment, selon plusieurs observateurs, de débats législatifs jugés prioritaires pour la société sénégalaise.

La séance plénière du 9 février permettra de fixer la suite de la procédure concernant Farba Ngom, dans un contexte où la question de la reddition des comptes demeure au centre du débat public.