NETTALI.COM - Une enquête conjointe des autorités françaises et sénégalaises a permis de démanteler un vaste réseau pédocriminel opérant entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest. Au cœur de ce dispositif figure un entrepreneur français de 73 ans, arrêté en France, soupçonné d’avoir coordonné des crimes d’une extrême gravité impliquant des mineurs sénégalais.

Les investigations, menées en étroite collaboration entre les services de sécurité français et sénégalais, ont conduit à l’arrestation en avril dernier, à Beauvais, de P. Robert, un ressortissant français âgé de 73 ans. L’homme est présenté comme le principal commanditaire d’un réseau structuré, actif notamment au Sénégal.

Selon les éléments de l’enquête, les faits reprochés dépassent le cadre de la pédocriminalité classique. Le suspect est également poursuivi pour des faits d’une gravité exceptionnelle, liés à la mise en danger volontaire de la vie de mineurs. Les autorités judiciaires estiment qu’il aurait recruté, au Sénégal, des complices chargés de commettre des abus sur de jeunes victimes, les faits étant ensuite filmés et transmis à distance contre rémunération.

Dans le cadre de l’exécution d’une commission rogatoire internationale, la Division des investigations criminelles (DIC) a procédé à une vaste opération entre Dakar et Kaolack. Celle-ci a abouti à l’interpellation de quatorze personnes, soupçonnées d’avoir participé, à des degrés divers, aux activités du réseau.

Parmi les personnes arrêtées figurent des profils variés, issus de différents milieux socioprofessionnels. Les enquêteurs privilégient à ce stade la présomption d’innocence, tout en poursuivant l’exploitation des éléments recueillis.

Les perquisitions menées dans le cadre de l’opération ont permis la saisie de matériels numériques, de documents administratifs et de pièces médicales considérées comme déterminantes pour l’enquête. Ces éléments viendraient corroborer les soupçons des autorités sur l’organisation et le mode opératoire du réseau.

Incarcéré en France, le principal suspect fait l’objet de poursuites judiciaires devant les juridictions compétentes. Les autorités sénégalaises et françaises poursuivent leurs investigations afin d’identifier l’ensemble des victimes, d’établir toutes les responsabilités et de démanteler les éventuelles ramifications encore actives du réseau.

Cette affaire relance avec acuité la question de la coopération judiciaire internationale dans la lutte contre les crimes sexuels transnationaux impliquant des mineurs, un fléau que les autorités disent vouloir combattre avec la plus grande fermeté.