NETTALI.COM - Les propos virulents tenus récemment par Ousmane Sonko contre la magistrature sénégalaise continuent d’alimenter les débats dans l’espace public et politique. Cette fois, c’est Me Aïssata Tall Sall, avocate et cheffe de file du groupe parlementaire Takku-Wallu, qui est montée au créneau pour exprimer son indignation et alerter sur les risques pour l’équilibre institutionnel du pays.
Face à la presse ce lundi, l’ancienne ministre et figure de la scène politique sénégalaise n’a pas mâché ses mots. « Il y a un malaise général qui gagne le pays avec les déclarations du Premier ministre, surtout celles concernant la justice », a-t-elle dénoncé. Me Aïssata Tall Sall, forte de sa longue carrière d’avocate, s’est dite choquée par le ton et le contenu des attaques du chef du gouvernement contre les magistrats.
« Jamais, de ma mémoire d’avocat, je n’ai vu un gouvernant tenir des propos pareils à l’encontre de la Justice », a-t-elle martelé, soulignant la gravité de ces déclarations pour le climat institutionnel.
Un avertissement solennel à Ousmane Sonko
Dans son intervention, Me Aïssata Tall Sall a adressé un message clair au Premier ministre : « On lui demande de s’arrêter pendant qu’il est encore temps », lançant un appel à la retenue et au sens des responsabilités. Selon elle, Sonko met en péril la stabilité de l’institution judiciaire et, par ricochet, celle de la République.
Elle a comparé la justice à « un fil très solide mais en même temps très fin », insistant sur le fait que tout repose sur la confiance qu’y placent les citoyens. « Si nous rompons le fil de la confiance, c’en est terminé pour notre République », a-t-elle averti, soulignant l’importance pour les gouvernants de protéger les institutions plutôt que de les discréditer.
Une polémique qui divise
Depuis la sortie du Premier ministre, les réactions se multiplient dans les cercles politiques, judiciaires et au sein de la société civile. Si certains saluent le franc-parler d’Ousmane Sonko qu’ils jugent salutaire face aux dysfonctionnements de la justice, d’autres, à l’image de Me Aïssata Tall Sall, y voient une dérive dangereuse susceptible de fragiliser le socle républicain.
Cette affaire relance également le débat sur la séparation des pouvoirs et la nécessité pour les autorités exécutives de respecter le principe d’indépendance de la justice dans un contexte politique déjà tendu.






