NETTALI.COM - Réunis en conférence de presse ce lundi à Dakar, les députés du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal ont livré un bilan sans concession de la session ordinaire unique récemment clôturée à l’Assemblée nationale. Tout en se félicitant de leur participation active aux travaux parlementaires, ils ont vivement dénoncé les entraves au travail de l’opposition et les dérives institutionnelles qu’ils disent avoir constatées.

Dans une déclaration lue par Djimo Souaré, vice-président du groupe, les députés ont assuré avoir pris part à toutes les activités parlementaires dans un esprit de solidarité et de constance politique. Depuis l’installation de la 14e législature en décembre 2024, Takku Wallu Sénégal affirme avoir pleinement joué son rôle, aussi bien en commissions qu’en séances plénières et au sein des groupes de travail parlementaires.

Le groupe dirigé par Me Aïssata Tall Sall a notamment mis en avant son implication dans le contrôle de l’action gouvernementale, à travers l’adresse de questions écrites et orales, ainsi que l’introduction de deux recours importants devant le Conseil constitutionnel et la Cour suprême.

Parmi les faits d’armes soulignés par le groupe, figure l’invalidation par le Conseil constitutionnel d’une proposition de loi portant interprétation de la loi d’amnistie, déposée en accord avec les députés non-inscrits. Un autre recours, toujours en cours, conteste devant la Cour suprême l’élection du bureau de l’Assemblée nationale pour non-respect de la loi sur la parité, un dossier que le groupe suit avec attention.

Un climat institutionnel délétère selon l’opposition

Si Takku Wallu Sénégal se satisfait de sa participation, il dénonce cependant une marginalisation systématique de l’opposition parlementaire et une concentration des initiatives législatives entre les mains de l’exécutif. Les parlementaires critiquent notamment la suppression de certaines institutions et la levée jugée abusive de l’immunité de députés de l’opposition.

Ils reprochent en outre au président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, de violations répétées du règlement intérieur et d’entraves au débat démocratique, en refusant notamment l’application stricte de l’article 74 permettant aux députés auteurs de questions préalables de reprendre la parole.

Un appel à plus d’impartialité et de rigueur

En conclusion, les députés de Takku Wallu Sénégal appellent le président de l’Assemblée à “prendre de la hauteur” et à abandonner ce qu’ils qualifient de stratégie de communication inefficace et clivante. Ils réitèrent leur engagement à continuer de défendre les droits de l’opposition et de veiller au respect des règles parlementaires.