NETTALI.COM – Qu’est ce qui fait, de nos jours, courir ces célébrités des médias ? Elles sont de profils et de backgrounds différents. Certains sont issus du monde des médias avec toute la légitimité qui va avec ; d’autres portent le titre de chroniqueurs, sans que l’on sache réellement le bien-fondé de l’appellation à eux octroyée. Mais chacun, en ce qui le concerne, a sa spécificité, sa différence et son style.

D’enseignant à syndicaliste, secrétaire général du « Cusems authentique », il militait pour la cause de l’éducation. Il n’a pas abandonné ce terrain, mais se frotte désormais à la politique. Ce qui fait de lui un mélange hybride de syndicaliste-activiste-politique. On l’a vu prendre fait et cause pour Ousmane Sonko dans l’affaire Adji Sarr, au point de laisser croire, un moment, qu’il a pris la place des avocats du leader de Pastef. Il est d’après ce qu’il laisse apparaître, contre l’injustice sous toutes ses formes. Il se fait même arrêter par la police pour cause de manif avant d’être relâché. Il dément toute proximité et même rencontre avec Ousmane Sonko. Il s’invite même sur les sujets littéraires et s’attaque au livre de Mbourgar Sarr.

Il milite à fond pour la criminalisation de l’homosexualité. Un sujet qui semble bien lui tenir à cœur. Il se fait l’avocat des Sénégalais dont il pense qu’ils veulent cela face à une assemblée nationale qui fait dans le dilatoire. D’ailleurs lors d’un débat du 1er janvier 2022 sur Seneweb face à Zator Mbaye de la coalition « Benno Book Yaakar » et de l’Alliance pour les Forces de Progrès (AFP), ce dernier lui demande de le respecter car celui-ci cherche à le pousser à se prononcer sur le sujet de la « criminalisation de l’homosexualité ». Ce qu’il ne souhaitait manifestement pas faire face à l’attitude de Mbodji qu’il juge irrespectueux et trop insistant. Mais Dame n’en a cure. Il le pousse à bout, s’esclaffe sur le plateau, sans retenue comme s’il était dans son salon.

Mais le syndicaliste n’en démord pas puisqu’il évoquera le réseau des parlementaires accusé de promouvoir l’homosexualité. Avant de faire savoir tout de go que Moustapha Niasse est cité pami les six (6) du réseau. Le sang de Zator ne fait qu’un tour. Et celui-ci de s’indigner : « si c’était ton père tu ne dirais pas cela. Il peut être ton père. C’est dégueulasse. Tu es dégueulasse. Tu n’as pas honte. » Homme pas facile à démonter, Dame, de répliquer : « si ce n’est pas vrai, il faut juste démentir ». Une attitude d’ailleurs tout à fait bizarre. Soit Dame est sûr que Moustapha Niasse promeut l’homosexualité, auquel cas, il peut accuser et étayer au lieu de mettre l’accusation dans la bouche de quelqu’un d’autre ; ou alors il n’est pas sûr de ce qu’il dit, auquel cas, il s’abstient d’accuser car alors, il entache l’honorabilité d’un homme !

Un sacré gros téméraire que ce cher Dame Mbodji qui n’hésite pas à poursuivre ses cibles et à les désarçonner. Il est jusqu’au-boutiste, excessif, parle fort, interrompt ses co-débatteurs et les nargue même. Un vrai manque de courtoisie ! Avoir raison ou faire prévaloir ses idées, et exister médiatiquement, semblent être un leitmotiv chez lui. Sur un certain plateau, il dit que rien ne le stresse, ne l’empêche de manger et de dormir tranquillement. Il conseille d’ailleurs à ceux qui ne croient pas à cela, de s’adresser à son épouse pour en avoir le cœur net. Une sacrée tête de mule ! Un gros emmerdeur !

Sa sensibilité est celle d’un opposant et rien ne semble pouvoir le rapprocher de Macky Sall dont la gouvernance est disqualifiée de son côté. Il est désormais de tous les combats contre ce qu’il juge injuste et qui va dans le sens contraire des intérêts du peuple. Dame est un personnage singulier, sympathique par certains côtés, mais entêté par d’autres. Et c’est cela certainement qui fait son charme. Il est tout simplement de la race des personnes qu’on ne rencontre pas tous les jours. Un défenseur du peuple qui milite aussi contre le 3ème mandat si cher à Macky Sall.

Birima, « l’ami du président »…

Un personnage à l’opposée de Dame Mbodji, c’est bien Birima Ndiaye qui ne se bat point pour un idéal, mais bien pour le triomphe de Macky Sall. Il est devenu par la force des choses, chroniqueur à l’émission « jakarloo » de la TFM. D’employé du Centre régional des œuvres universitaires de Saint-Louis, il est passé de l’ombre à la lumière en officiant à l’émission du vendredi soir sur la TFM. D’aucuns disent d’ailleurs de lui qu’il était juste un  « chauffeur de salle ». Ceux-là qui mettent l’ambiance avant le début des évènements qui requièrent un certain enthousiasme de la part du public. Il a en tout cas, une voix qui porte. Il est bruyant et même brutal.

Chroniqueur, voici une notion aujourd’hui tellement dévoyée que beaucoup s’y engouffrent. Et pourtant, il faut pouvoir se prévaloir d’une expertise dans un domaine précis ou alors détenir un background qui permette d’avoir autorité sur le sujet qu’on aborde. Mais Birima est loin d’être une lumière. C’est sûr. Et difficile de savoir pourquoi il est à cette place. Il défend tout et n’importe quoi, pourvu que cela fasse les affaires de Macky Sall. Il a d’ailleurs déclaré dans un « Jakarloo »  au cours d’une émission « Spécial fin d’année » à Amadou Hott, invité ce jour-là : « Macky Sall est la seule personne qui peut me dire des choses que je peux croire ». Un privilège que ne peut même avoir Aminata Mbengue Ndiaye, aujourd’hui, première personnalité du Parti socialiste (Ps), parti d’où est issu Birima. Même feu Ousmane Tanor Dieng qui avait bien plus d’envergure, n’avait pas ce privilège. De quoi se demander ce qui fait courir ce chroniqueur d’un genre nouveau ? Et pourtant Ndiaye avait un certain temps déserté l’émission. Birima  Ndiaye semble aujourd’hui faire le tri des thèmes de « Jakaarlo ». Il semble désormais être intéressé par certains et pas par d’autres.

Au fort moment des inondations pendant lequel le gouvernement est attaqué de toutes parts pour sa gestion désastreuse, il arrive avec plein de chiffres pour assurer sa défense. Ce qui avait fort étonné « Fou Malade » qui n’avait d’ailleurs pas manqué de lui faire remarquer sa présence après quelques absences et les chiffres à sa disposition. L’allusion était claire. Ainsi va Birima qui semble être un homme de mission.

A Amadou Hott, il dira : « Quand vous avez commencé, vous m’avez attaqué en vous demandant si je vous connais. Je veux vous mettre à l’aise. C’est le président Macky Sall qui est mon ami, je ne suis allé que dans deux ministères. Je ne vais me mettre à demander ce que vous devez faire, mais c’est à vous de faire de telle sorte que les gens sachent ce que vous faites. Je ne crois pas à la séparation du ministère en deux » ; Avant d’enchaîner : « Pour moi votre ministère est un échec. »

Birima ne se rendait pas compte qu’en dézinguant Hott de la sorte, il éveillait des soupçons sur le caractère suspect de sa posture. Sur les réseaux sociaux, beaucoup n’avaient pas manqué de relever qu’il était en mission pour ridiculiser le ministre. Bref. En attaquant ainsi le ministre, il enfonçait par la même occasion Macky Sall dont il confirmait l’échec. Si ce dernier avait cru bon de scinder en deux ministères, c’est bien parce que le ministère sous Amadou Ba n’avait pas apporté la preuve de son efficacité. C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue. De quoi penser que Birima n’est plus à sa place à cette émission qui créée de fait son propre déséquilibre en instituant un représentant de Macky Sall. Qu’elle autorise alors les représentants des autres opposants.

Birima Ndiaye n’apporte rien au débat, si ce n’est sa subjectivité. L’y enlever serait donc une œuvre de salubrité publique pour des téléspectateurs qui ne s’attendent pas uniquement à entendre des opinions immuables, toujours aussi partisanes.  N’est-ce pas le rôle de l’info que d’éveiller les populations ? Il ne peut s’agir nullement que d’entendre des inepties pour faire rire. De même, le divertissement ou le talk-show comme ils le disent, doit être tout aussi intelligent et fructueux.

Ibou Fall, l’homme cultivé 

Voici des personnages comme on aimerait souvent en avoir dans nos médias. Surtout avec désormais la présence de plus en plus importante de chroniqueurs sortis d’on ne sait où pour peupler les plateaux télés et déverser des torrents d’opinions qui ne sont au fond que les leurs. On aimerait davantage que les interventions soient marquées par des faits qui ne peuvent être produits que par des journalistes ou alors ceux qui ont de l’expertise et de vrais backgrounds. Ibou Fall qui officie sur I-radio dans une matinale dénommée « Xew xewu Jamono » au cours de laquelle DJ Boups lui livre des actualités qu’il commente, est de ceux-là.

Journaliste ayant fait ses armes dans la presse écrite (Sopi, Le Témoin, etc), il est habité par la religion des faits. Autant en télé et en radio, la tentation de donner son opinion est grande et plus évidente, en presse écrite, la floraison de comptes-rendus incite fortement à la production de faits. Fall n’est pas que cela, il a aussi fait dans la presse satirique (Frasques, Tract, Le Petit railleur, Banc Jaaxlé, Cafard libéré). Un type de presse qui témoigne d’une maîtrise certaine d’un style d’écriture assez particulier, révélateur d’un certain style et talent, puisque différent de l’écriture conventionnelle. Ce talent, il le révèle aussi à l’oral où ses commentaires sont non seulement factuels, mais placés dans un certain contexte qui lui donne tout son sens.

Ibou Fall connaît en effet bien l’histoire des faits politiques, tout en étant très cultivé. Il a récemment produit un livre sur Senghor. Difficile en effet de le coller sur certains sujets. Il est en effet tombé sur la bonne vieille époque où l’éducation voulait dire quelque chose. Il est aussi un homme libre. Libre de ses propos et de ses opinions qu’il ne manque pas d’émettre sans hésiter. Commentant le discours de nouvel an sur I radio, à l’émission « Xew xewu jamono », il n’hésite pas à dire de Macky Sall qu’il parle comme un « ministre des travaux publics devant l’assemblée nationale » en décrivant les termes : « j’ai fait ceci j’ai fait cela.. ». Un comportement qu’il assimile à celui d’un exécutant. Ibou n’épargne d’ailleurs pas la gouvernance de celui-ci, expliquant que « tous ces scandales qui ont eu lieu, sont des problèmes de mal gouvernance ». Ajoutant que « la manière dont sont élues et nommées nos élites, pose problème », que cela soit les DG et les députés.

Comme le cas du vice-président de l’Assemblée nationale qui défend le gouvernement sur sa politique d’endettement sur la base des Eurobonds, alors qu’il ignore ce que c’est. « Si on avait une bonne assemblée nationale, les députés allaient faire une délégation parlementaire et vérifier si tout ce que le président dit sur ses chantiers, tient la route quant aux coûts et à la rentabilité », ajoute Fall. Pour lui, un président doit proposer un projet d’avenir sur 30, 40, 50 ans et non aborder les sujets sous l’angle de l’exécution. Selon le journaliste, le Sénégal a des problèmes d’organisation de la République et ça, estime-t-il, relève de la responsabilité du chef de l’Etat.

Sur la question des infrastructures dont Macky Sall a fait son cheval de bataille, il a une réponse simple qui fait mouche : « lorsqu’on ne sait pas quel chemin emprunter, on ne sait pas quel type de routes construire. ». Celui-ci pense d’ailleurs que chaque état doit savoir ce qui est sa priorité avant de savoir ce qu’il fait. Pour lui, l’éducation nationale est une priorité. la formation aussi, faisant valoir que « lorsqu’on observe le niveau de chômage et tout ce qu’il y a dans ce pays, au regard du contexte, cela veut dire qu’il y a du travail, mais que les gens ne sont pas bien formés pour le contexte et ne sont pas bien employés ».

Pointant du doigt les détournements dans les sociétés nationales, il les lie à des questions de financement des partis, d’autorisations de création des partis. « Comment peut-on évoluer avec 500 partis politiques ? Et ils ont tous des récépissés. », se demande le journaliste avant de prédire : « Celui qui va prendre en charge ce pays, risque de nous surprendre et déplaire. Ce sera quelqu’un qui aura la légitimité et les forces de sécurité et qui pourra un jour dissoudre tous ces partis. Posons-nous la question de l’origine de l’argent des campagnes électorales, la communication, les perdiems, le carburant, les repas, les t-shirts, les casquettes  etc. Demandons-nous comment ils ont pu financer tout cela ? »

Ibou fall est ulcéré par la place qu’occupent les entreprises étrangères qui ont tout accaparé. C’est sûr. « Lorsqu’on posait la 1ere pierre du port de Ndayane, soient 1200 hectares, qui est aux manettes ? C’est Dubai port Word. A chaque fois qu’on parle de quelque chose d’important dans ce pays, ce sont les étrangers qui sont aux manettes parce que les gros investissements ce sont eux. Nous, on a ce problème qui est un problème de formation et d’éducation. Dans une génération on risque d’être des étrangers chez nous », relève Fall avant de conclure : « Mais là, c’est de la racaille qui nous gouverne. C’est ça le problème »

Et même par rapport à l’opposition du moment, celle d’Ousmane Sonko, il n’est pas tendre. Quid de la levée de fonds de Pastef ?  Ibou Fall ne veut pas s’avancer sur quelques accusations que ce soit, mais ne peut jurer de rien. Tout au plus se demande-t-il comment des militants qui passent leur temps à soumettre des problèmes à leurs responsables de partis, devraient-ils pouvoir cotiser autant ? Les militants, à son avis, suivent des gens qui règlent leurs problèmes. « On peut aller régler de l’argent et demander aux militants de cotiser. J’ai un milliardaire qui veut me soutenir, il peut me remettre de l’argent que je distribue chez les militants qui me le renvoient. Les vrais montages financiers ce n’est pas dans la rue que ça se décide. L’argent n’aime pas le bruit. », conclut le journaliste sur le sujet.

L’Ouragan, Aïssatou Diop Fall

Aïssatou Diop Fall, elle, est tout aussi libre, mais d’un autre style. Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, elle dévaste tout sur son passage sans réserve, ni retenue. Elle parle fort, monopolise la parole et emploie à volonté un langage populaire qu’elle mêle volontiers à un langage conventionnel. Ses collègues sur le plateau de la matinale du mercredi connaissent d’avance ses positions, qu’une opposition systématique lui est servie par Chérif Dia qui ne cesse de l’interrompre et de le challenger. Une opposition qui finit même pas emprunter le chemin d’un règlement de comptes à tel point que les spectateurs doivent bien se poser des questions. Dans une récente émission d’avant début de la Coupe d’Afrique, elle n’avait pas hésité à s’en prendre aux artistes, chanteurs, voyants, charlatans et autres, leur enjoignant de ne pas composer de morceaux dédiés aux Lions et encore moins de faire des prédictions, pour ne pas porter la poisse aux Lions.

Elle s’en prend à El Hadji Diouf et à Khalilou Fadiga qui ont déjà commencé à critiquer Aliou Cissé et à demander son limogeage – si jamais il ne réussit pas sa Coupe d’Afrique – de s’éloigner de l’entourage de l’équipe nationale. Pour elle, ces deux-là sont loin d’être des exemples pour n’être que de vieux fêtards ayant leur carrière derrière eux.

Les inaugurations et campagnes de Macky Sall dans ces locales, elle les considère comme une cérémonie d’investiture d’un candidat à la présidentielle. Sur le discours du nouvel an, la pluie de milliards annoncée, les poses de première pierre et le bilan dressé, Aïssatou Diop pense que le président a peint un Sénégal magnifique différent de celui dans lequel elle vit.

Sur l’opposant Sonko, Aïssatou n’est pas loin de le trouver irresponsable et naïf de s’allier avec quelqu’un comme Khalifa Sall qui a dit à la face du monde qu’il a des relations personnelles avec Macky Sall qui est leur adversaire principal. Une phrase qui, selon elle, n’a pas été prononcée par hasard et pas par n’importe qui en politique, estimant que « Khalifa Sall est un vieux briscard de la politique ». Pour elle, celui-ci a fait exprès de dire ça. Aïssatou n’est d’ailleurs pas tendre avec « Yeewi Askan Wi » et trouve qu’elle a plombé sa campagne avant son démarrage. Elle pense même que Ousmane Sonko était adulé avant par les jeunes et qu’il fait aujourd’hui l’objet de Var sur tik tok.

Il trouve son discours à Ziguinchor d’autant plus choquant. Comme lorsqu’il a demandé que que « 100 000 Casaçais cotisent à hauteur de 50000 f pour porter son projet ; ou dans son livre programme où il parle de monnaie locale. Pour Aïssatou Diop Fall, Sonko a un gros problème avec l’argent. Il est toujours en train de faire des levées de fonds, estimant que la politique nécessite certes des moyens mais, avance-t-elle, il faut  des idées et des stratégies. Elle ne manquera pas de rappeler que Wade avait gagné avec ses marches bleues. « Qu’il nous dise à 15 jours de l’élection qu’il n’a pas un rond et que 24 h après, il nous dise qu’il a 200 millions. Je pense qu’ils ont de l’argent et qu’ils font penser le contraire. Tout ce qu’il fait c’est du populisme. », relève la journaliste.

Sur le reste de l’opposition, elle est d’avis que Macky Salla n’a personne pour lui faire face. Citant au passage les 4 grands pôles dont yaw, suivi de Walu et Bunt Bi qui ne pèse pas lourd, Gem sa boop qui n’a de grand que le nom, le groupe des Mamadou Lamine Diallo qui n’est pas trop coté.

Mais Aïssatou, malgré sa liberté de ton, est bien trop désinvolte dans ses propos et la conduite de ses émissions. Elle laisse échapper des « mon oncle », « mon ami », lors de son émission « Face to face » qui requiert d’un point de vue déontologique, une certaine distance vis-à-vis de ses invités ainsi que des précautions de langage. Elle aime aussi à inviter les bons clients qui restent des producteurs de buzz ou amuseurs publics, qui au fond, n’ont souvent rien à dire sinon que de rendre audibles leurs propres complaintes ou prises de positions. Elle gagnerait à être plus posée et mesurée dans ses propos et tâcher d’utiliser un langage plus acceptable, étant donné qu’elle passe tout son temps à donner des leçons de conduite à nos gouvernants. Elle est journaliste bon sang ! Sortie du Cesti en plus. Ecole de référence, quoi qu’on en pense.

A la vérité, de nos jours, il y a beaucoup trop de chroniqueurs qui essaiment nos plateaux télés, au grand dam du public qui attend des explications sur l’actualité. Le malheur est qu’ils ne participent malheureusement pas beaucoup à l’éveil du citoyen, mais l’intoxique plutôt en faisant résonner dans ses oreilles, ce qu’il a envie d’entendre. C’est selon. La production d’une info requiert tout de même des faits qui permettent de mieux apprécier la vie politique, économique, sociale, etc ainsi que la justesse des décisions de nos gouvernants et même jusqu’aux arguments qui président au choix de ces derniers. En lieu et place, on a plutôt affaire à la production de discours populistes, ou d’opposants ou encore de discours de collaborateurs du pouvoir. Tout dépend de la sensibilité du chroniqueur.

Il ne suffit donc pas d’être philosophe, conseiller municipal, activiste ou écrivain pour détenir la vérité, ou pouvoir trôner dans une émission télé. A suivre Oumar Faye débiter des arguments d’une vacuité terrible sur le pétrole et le gaz, il y a de quoi être inquiet pour l’information de nos concitoyens. Il y a d’autant plus à s’inquiéter sur les profils qu’on nous offre au regard du background des concernés : Cheikh Oumar Talla, le professeur de philo de lycée Sanoussy, Pape Matar Diallo présenté comme écrivain etc voilà quelques noms et visages connus dont ceux qui les portent ne doivent pas pouvoir embrasser tous les sujets puisqu’en réalité, ce ne sont que leurs opinions qu’ils vendent au public ! Evidemment que tout le monde peut avoir une opinion sur un sujet donné.

Pape Djibril Fall, produit du Cesti, est le symbole du journaliste avec une expérience pas très étendue dans son domaine. Il est éloquent, intelligent et structuré, mais a malheureusement choisi d’être sous le feu des projecteurs en adoptant plutôt la posture du chroniqueur (au sens sénégalais du terme) que celle du journaliste ; du conférencier et de l’homme adulé sur les réseaux sociaux. Il n’a pourtant pas de connaissances solides en gestion pour pouvoir affronter les sujets qu’il aborde de manière si peu consistante. Son utilisation à outrance de mots techniques (gouvernance publique, optimisation, rationalisation, stratégie, opérationnalisation, etc)  surtout pour une émission en wolof, doit davantage le pousser à chercher à accroître sa formation dans les domaines techniques et scientifiques voire en gestion pour mieux aborder les sujets qu’il affectionne tant. Wilkipédia ne peut suffire à faire l’homme de sciences ou le journaliste pertinent. Produire de l’information aussi requiert un apprentissage du métier sur le terrain et non sur les plateaux-télés. Ce qui peut conduire à une bonne connaissance des faits  grâce aux techniques de collecte et de vérification appris à l’école de journalisme.