NETTALI.COM- 50 millions de francs CFA,  c’est  le montant des dommages et intérêts que le directeur de l’Institut de français des étudiants de l’étranger, le professeur assimilé, Aboulaye Diouf réclame à son collègue Sidy Diop. Ce dernier est accusé de dénonciation calomnieuse suite à la plainte qu’il avait déposée contre la partie civile. 

Deux professeurs à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ont soldé leurs comptes ce mercredi à la barre du tribunal correctionnel de Dakar. Il s’agit de Sidy Diop qui  est attrait à la barre par le professeur assimilé Abdoulaye Diouf pour dénonciation calomnieuse. Tout est parti d’une plainte déposée au commissariat du Point E par Sidy Diop contre Abdoulaye Diouf pour usurpation de fonction. Dans un courriel adressé à Sidy Diop pour demande d’explications par Abdoulaye Diouf en tant que Directeur de l’IFE de la faculté des lettres. Le dossier a été classé sans suite car, au moment où il adressait le courrier il était professeur assimilé par décret de nomination numéro 2021 634.
Pour laver son honneur, le professeur assimilé a servi une citation directe à son collègue.

Face au juge, le prévenu a contesté les faits. A l’en croire, la partie civile s’est fait passer pour professeur assimilé. « J’ai fait la remarque le jour où il m’a envoyé un courriel pour une demande d’explications sur mes absences. A l’époque j’étais victime d’une agression et j’étais traumatisé par ce qui s’était passé. Sur la lettre, il a mentionné qu’il était professeur assimilé à l’IFE de la faculté des lettres », a raconté le prévenu. Selon lui, Abdoulaye Diouf ne pouvait pas se prévaloir de cette fonction même s’il avait réussi le concours du Cames, le décret présidentiel faisant de lui un professeur n’était pas encore sorti. « Lorsque les établissements reçoivent les actes de réussite des candidats au Cames, les lauréats sont proposés aux facultés. C’est au premier trimestre que le rectorat envoie les actes dans le circuit administratif. Les dossiers ne reviennent que pendant les vacances scolaires entre août et septembre », a-t-il. D’après lui, il ignore comment Abdoulaye Diouf a fait pour extraire son dossier qu’il a brandi au mois de juin 2020.

Ce que le plaignant Abdoulaye Diouf conteste. « Mon décret a été signé par le président le 17 mai. C’est en juin que j’ai envoyé une demande d’explication. Il a déposé plainte contre moi pour usurpation de fonction. Quand je suis allé répondre à la convocation, j’ai brandi le décret, c’est la raison pour laquelle, le dossier a été classé sans suite », a relevé la partie civile. Pour corroborer ses dires, il renseigne que c’est l’université qui a fait la réforme des grades. « Je ne peux pas inscrire mon grade dans le logiciel de l’Université », s’est-il justifié.

L’avocat de la partie Me Ousseynou Ngom après avoir sollicité que le prévenu soit reconnu coupable du délit d’usurpation de fonction, à réclusion la somme de 50 millions de francs CFA pour dédommager son client.

A la suite du parquet qui a requis l’application de la loi pénale, Me Seyba Danfakha a demandé le renvoi de son client des fins de la poursuite. « On ne peut pas reprocher à Sidy Diop de faire preuve de légèreté parce qu’il a soutenu être au courant que le dossier est classé sans suite quand il a reçu la citation directe. Au moment des faits Abdoulaye Diouf il n’était pas encore un professeur assimilé. Le courriel date du 6 mai et le décret n’est tombé qu’au 15 septembre. Au moment des faits il n’avait pas cette qualité même s’il avait réussi au concours du Cames. Il n’y a pas de dénonciation calomnieuse. Aucune preuve d’une dénonciation calomnieuse n’a été rapportée », a plaidé Me Danfakha.
Le jugement sera rendu le 12 janvier 2022.