NETTALI.COM – Le Sénégal va franchir pour la 1ère fois la barre des 5000 milliards de francs pour son budget. En effet, le budget 2022 a été arrêté à plus de 5160 milliards de frs et va donc représenter le double de celui de 2012 qui était de 2 344,8 milliards. Ses grandes lignes ont été présentées hier en Conseil des ministres par le ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo. De son exposé, il est ressorti que le budget 2022 sera particulièrement orientée vers la relance de l’activité économique, dans le maintien de la cohésion sociale, pour garder le cap sur l’émergence.

Le ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, a dévoilé hier, en Conseil des ministres, le budget 2022. Dans sa livraison de ce jeudi, le journal Le Témoin informe que de manière opérationnelle, ce budget 2022 met en œuvre les politiques initiées par le président de la République pour notamment améliorer le bien-être des femmes et des jeunes, développer les productions agropastorales, faciliter l’accès aux services sociaux de base et asseoir une industrie forte et compétitive. Il s’agira plus spécifiquement, selon le ministre des Finances, d’offrir à la jeunesse davantage de perspectives d’emplois, en poursuivant le déroulement du programme XËYU NDAW ÑI. De promouvoir l’équité et l’égalité hommes-femmes en s’appuyant sur des leviers tels que la protection des droits des femmes et des jeunes filles, la préservation de leur intégrité contre toute forme de discriminations et de violences, ainsi que leur autonomisation économique à travers l’accès au crédit et au foncier. De mettre l’accent sur la souveraineté alimentaire et le développement des exportations de fruits et légumes, ainsi que celle des graines d’arachides, en s’appuyant sur les projets de développement et de valorisation de la production agricole. De faciliter l’accès aux services sociaux de base et d’asseoir une industrie compétitive portée par un secteur privé national fort, qui s’articule autour de la transformation des matières premières et du développement de l’industrie pharmaceutique et à forte intensité technologique. « La réalisation de ces initiatives étant nécessairement conditionnée par l’existence de comptes publics sains et de moyens financiers conséquents, les actions envisagées pour la stabilité macroéconomique, de collecte de recettes, de rationalisation des dépenses et de gestion prudente de la dette, seront poursuivies et renforcées en 2022 » a assuré le ministre des Finances et du Budget.

 

Tous les projets d’initiative présidentielle pris en compte

D’après le grand argentier de l’Etat, ce budget a pris en compte l’ensemble des projets d’initiative présidentielle. Il s’agit notamment du Programme d’urgence pour l’Emploi des jeunes (150 milliards de FCFA) ; du Programme Bourses de sécurité familiale (35 milliards de FCFA) ; de la Couverture maladie universelle : (20,1 milliards de FCFA) ; du PUMA (5,2 milliards de FCFA) ; du PUDC (18,4 milliards de FCFA) ; de PROMOVILLES (18,3 milliards de FCFA) ; du Programme de modernisation de la justice (25 milliards FCFA) ; du Programme d’acquisition d’équipements scientifiques et informatiques destinés aux universités et établissements d’enseignement supérieur : (20,8 milliards FCFA).

Une prévision de croissance de 5,5 % en 2021, un budget de plus 5160 milliards de frs

Sur le plan macroéconomique, le projet de loi de finances est bâti sur une prévision de croissance de 5,5 %, contre 3,7 % en 2021. Pour le déficit budgétaire, l’Etat prévoit de le contenir à 4,8 %, après les pics de 2020 (- 6,4 %) et 2021 (-5,4 %), au plus fort de la pandémie de coronavirus. Un budget qui se situe donc dans le droit-fil de l’objectif de l’Etat visant à ramener et maintenir le déficit budgétaire à 3 % à compter de 2024, à la faveur des réformes engagées sur la fiscalité et la gestion budgétaire. Les recettes du projet de loi de finances pour 2022 sont arrêtées à 3 510,7 milliards de FCFA et les dépenses à 4 294,7 milliards de FCFA. Comparé à la LFI de 2021, le budget 2022 connait une hausse des recettes de 284,8 milliards FCFA (+9%) et des dépenses à 324,9 milliards de FCFA (+8%). Abdoulaye Daouda Diallo a précisé qu’en 2012, la LFI avait été adoptée pour un montant de 2 344,8 milliards FCFA mais c’est un chiffre qui, en vertu de la méthode comptable utilisée à l’époque, incluait l’amortissement de la dette publique. « Si on devait le comparer à la présente LFI 2022, cela ne pourrait donc se faire qu’à méthode constante, ce qui reviendrait à rajouter l’amortissement de la dette. On se retrouverait ainsi avec un budget de 5 091 milliards de FCFA auxquels s’ajouteraient les recettes de la Taxe d’Usage de la Route (TUR) (plus de 40 milliards de FCFA) et de la CFCE (environ 30 milliards FCFA), soit un montant additionnel de 70 milliards FCFA. Autrement dit, le budget 2022 serait à plus de 5160 milliards et ferait plus du double du budget de 2012 » explique l’argentier de l’Etat. A l’en croire, le budget de 5160 milliards est révélateur des ambitions du Gouvernement. « En effet, le budget d’un État, riche ou pauvre, constitue la meilleure représentation de son présent ainsi que la meilleure esquisse de son avenir. Le trend haussier du budget est gagé sur les performances attendues dans la mobilisation des recettes, avec la mise en œuvre de la Stratégie de Recettes à Moyen Terme (SRMT). En ce qui concerne les dépenses, la politique de rationalisation des dépenses courantes en faveur des dépenses d’investissement sera de mise » a assuré le ministre. Surtout, a juré la main sur le cœur Abdoulaye Daouda Diallo, « toutes les mesures contenues dans ce projet de budget ont été choisies avec le souci profond de permettre à notre économie de retrouver le sentier d’une croissance forte, après le choc COVID 19, tout en garantissant la soutenabilité de nos finances publiques à moyen terme ». mais, au vu de la large place accordée au social dans cette loi des finances, peut-il nous dire, en nous regardant dans le blanc des yeux, que ce budget n’est pas quelque part électoral et ne vise pas à préparer la mère des batailles de 2024 ?