NETTALI.COM – Legs Africa vient de procéder à « une étude d’évaluation de la riposte Covid-19 » au Sénégal. L’organisation brosse un tableau sombre.

Avec l’avènement de la pandémie, les mesures prises par l’État ont eu des répercussions socio-économiques désastreuses, ainsi que le fait constater Legs Africa, dans un rapport dont Netttali a pris connaissance mercredi.

« Avec l’avènement de la pandémie, les mesures prises par l’État ont eu des répercussions socio-économiques désastreuses. Avant la crise de la pandémie à Covid-19, l’économie sénégalaise était au bord du gouffre sur tous les plans, les signaux étaient au rouge. Certains investissements faits durant la période pré-électorale de 2019 n’ont pas aidé au le remboursement de la dette très élevée (presque 9173 milliards de FCFA) et les mesures d’état d’urgence, de couvre-feu, de restrictions des déplacements ont affecté négativement le porte-feuille des ménages et des caisses du gouvernement. Face à un problème sanitaire, économique, social, politique…, l’État a apporté une première réponse purement sanitaire, oubliant la portion congrue que représente le secteur formel, avec moins de 3 % des entreprises et un nombre de salariés, estimé à environ 400.000 personnes. En moins de 10 jours (23 mars – 03 avril 2020), l’économie était presque à genoux. Les restrictions commençaient à impacter négativement l’activité économique, surtout le secteur informel », dénonce-t-on.

Ledit rapport, réalisé avec l’appui de Osiwa et sous la coordination du président de Legs Africa, Elimane Fall, indique : « Avant la crise de la pandémie à Covid-19, l’économie sénégalaise était au bord du gouffre sur tous les plans, les signaux étaient au rouge. Certains investissements faits durant la période pré-électorale de 2019 n’ont pas aidé au le remboursement de la dette très élevée (presque 9173 milliards de FCFA) et les mesures d’état d’urgence, de couvre-feu, de restrictions des déplacements ont affecté négativement le porte-feuille des ménages et des caisses du gouvernement. Face à un problème sanitaire, économique, social, politique…, l’État a apporté une première réponse purement sanitaire, oubliant la portion congrue que représente le secteur formel, avec moins de 3 % des entreprises et un nombre de salariés, estimé à environ 400.000 personnes. En moins de 10 jours (23 mars – 03 avril 2020), l’économie était presque à genoux. Les restrictions commençaient à impacter négativement l’activité économique, surtout le secteur informel ».

Qui plus est, précise le document : « L’aide alimentaire destinée aux populations vulnérables a été a été dévoyée à cause notamment de la polémique autour de l’attribution du marché de denrées, soustraits du code des marchés par décret et dont l’exécution a été aux antipodes des principes de bonne gouvernance. La stratégie de distribution des aides alimentaires est tout aussi problématique. Les mêmes inquiétudes ont été également perçues dans la gestion du FORCE Covid-19 notamment au niveau des différents ministères impliqués et aussi des fonds destinés au renforcement du système de santé, particulièrement l’utilisation des équipements et des intrants acquis dans le cadre de la riposte au moment où de nouvelles carences sont observées dans la prise en charge des malades de la troisième vague ».

Avec l’aide d’un statisticien et d’une quarantaine d’enquêteurs, l’équipe a pu, en six mois de travail séquencé de recherche documentaire, d’analyses des principales décisions officielles, de recueils de données de terrains sur un échantillon de plus de 1200 personnes enquêtées dans trois localités différentes (Touba, Guédiawaye, Dakar), produire un rapport d’évaluation et un rapport de perception.

Des décisions liberticides inefficaces qui renforcent le pouvoir du Président de la République

Selon le rapport, les mesures prises par l’État du Sénégal dans le cadre de la lutte contre la Covid-19 ont des fondements aussi bien au plan national qu’international. « Le premier constat, en analysant les mesures juridiques, est qu’il y a eu une inflation normative au tout début de la pandémie. Une frénésie dans la prise de mesures qui s’explique par les nombreuses incertitudes et inconnus entourant la maladie : l’agent pathogène, les modes de transmission, les modalités de prise en charge. Ensuite, dans sa première adresse à la nation, le Président de la République a usé de la métaphore « guerrière », pour expliquer le péril qui menace sans discernement tous les pays, toutes les couches, avant d’annoncer une batterie de mesures. La science politique a d’ailleurs montré que cette rhétorique guerrière est une tactique efficace pour s’assurer un large soutien sur une politique donnée et museler toute forme de critique. Ceci pourrait expliquer l’adhésion et le formidable élan de solidarité qui ont suivi lorsque les premières mesures ont été prises et que le FORCE COVID a été créé. Cependant, force est de constater que plus la crise perdure, plus on se rend compte de l’absence de bases tangibles qui fondent la prise de certaines décisions et de leur anachronisme par rapport à l’évolution de l’épidémie dans le contexte sénégalais. Les décisions prises, pour l’essentiel, portent atteinte de manière considérable aux libertés fondamentales garanties par la constitution en son article 8. Elles interrogent le fonctionnement démocratique parce qu’elles imposent souvent des situations exceptionnelles », ajoute  document.