NETTALI.COM – Invité de la rubrique « Grand-Place du quotidien Enquête, Omar Pène explique comment Super Diamono a survécu aux influences musicales des années 80, qui ont emporté l’identité d’autres groupes mythiques du landernau local.  

Super Diamono a conservé son identité, malgré les influences musicales des années 80. Omar Pène en donne les raisons en ces termes : « Quand on a une conviction, on n’est pas influençable. Il faut croire en une chose pour la réussir. Dieu sait que, quand on commençait, beaucoup ne croyaient pas que cette musique pourrait être écoutée, encore moins être aimée. Ils ont essayé de nous décourager, en nous demandant d’essayer de faire autre chose. On restait pendant des mois sans contrat de prestation. On ne jouait pas, parce que les gens n’aimaient pas notre musique. Mais nous croyions en cette musique-là, même si, à l’époque, le salsa mbalax était très prisé. Les gens nous raillaient en nous disant : “mais c’est quoi cette musique ; c’est du jazz ou quoi ; personne ne peut danser sur cette musique’’. Mais cela nous importait peu, tout comme l’argent. On aimait cette musique-là qu’on faisait et nous disions que cela marcherait. C’est pour cela que je me dis que quoiqu’on fasse, il faut y aller avec conviction. Aujourd’hui, nous avons eu raison de garder le genre qu’on s’est choisi ».

Omar Pène, dans l’entretien qu’il a accordé au journal Enquête, a également révélé les secrets de sa longévité, sur scène. « J’ai un long parcours. Il me serait très difficile de revenir sur tout. Je peux juste leur dire que c’est la voie que je me suis choisi. Personne ne me l’a imposée. Et je n’y suis pas entré à cause ou grâce à quelqu’un. Je l’ai choisi de manière lucide étant jeune. Chaque jeune a son vécu. Et les jeunes qui me suivent et avec qui je parle, selon les contextes, je puise dans ce vécu-là pour les conseiller. Beaucoup de jeunes me suivent aujourd’hui, aiment ma musique, parce que considérant que j’ai un parcours exemplaire. Et je reste convaincu que, quand on s’engage dans une voie avec une forte conviction, qu’on se donne les moyens de réussir, on réussit forcément. Je pense que l’essentiel du public connait mon parcours et, à mon âge, il me serait difficile de revenir sur certaines choses », dit-il.

En artiste engagé, Pène est un grand admirateur de Cheikh Anta Diop. « Je n’ai pas eu la chance de faire des études poussées certes, mais, je me documentais beaucoup. C’est la rue qui m’a formé. Tout ce que je sais, c’est grâce à cette rue. Ainsi, c’est dans la rue, au cours d’échanges et de discussions avec diverses personnes qui m’ont permis de développer un certain esprit critique. J’allais assister à des débats pour pouvoir apprendre des choses. Je lisais, malgré mon niveau d’études, Cheikh Anta Diop et d’autres. Quand je ne comprenais pas certaines choses dans mes lectures, je posais des questions à mes amis intellectuels et ils me les expliquaient. J’étais un jeune curieux. J’ai toujours cru et tenu en mon africanité. Je suis panafricaniste convaincu », confie le musicien.