NETTALI.COM- Alors que le parquet a requis l’application de la loi pour Madiambal Diagne, attrait en justice pour diffamation par Souleymane Téliko, les conseils du journaliste ont plaidé la relaxe. Le patron du Groupe Avenir Communication, à qui le président de l’Union des magistrats sénégalais (UMS) 500 millions de FCA de dommages et intérêts, sera édifié sur son sort le 17 juin 2021.

Après plusieurs renvois, le procès en diffamation opposant Souleymane Téliko à Madiambal Diagne s’est tenu ce jeudi 3 juin 2021. Devant les juges de la première chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar, les avocats de la défense, ont, au cours de leurs plaidoiries, refusé d’entrer dans le fond. Les deux conseils constitués contre une quinzaine pour le président de l’UMS ont plutôt mis l’accent sur ce qu’ils considèrent comme des vices de procédure.

Me Abdou Dialy Kane

« Il est adossé sur un rapport, même s’il ne s’agit pas de détournement »

Je n’ai absolument rien contre Souleymane Téliko. Il le sait. Je l’estime. Mes confrères ont fait une sombre présentation de notre client. Ce sont les magistrats qui sont responsables des délits de presse. Si vous entrez en voie de condamnation, vous ne pouvez pas le faire. Pour avoir une décision exemplaire, il faut avoir une procédure exemplaire. Elle n’est pas bonne. Je n’entre pas dans les débats de fond. Me Ciré Clédor est conscient du vice qui entache la procédure. Dans la citation, aucune disposition du code pénal n’a été citée. C’est une violation des droits de la défense. On devait mentionner les dispositions pour assoir le délit de diffamation. La procédure est nulle. Nous sommes en matière de diffamation. La mention de l’organe de presse est indispensable. Madiambal n’est ni le directeur de publication, ni l’auteur. On ne peut pas le poursuivre pour diffamation. Il est complice. Le directeur de la radio et le journaliste de l’émission sont les principaux auteurs. C’est un régime procédural spécifique.  On ne peut pas reconnaître un prévenu coupable dans une procédure vicieuse. Je demande de l’admettre au bénéfice de la bonne foi. C’est tout à fait normal qu’on ne parle que de lui dans cette affaire. Cela est lié à son statut. Souleymane Téliko est le président de l’Ums. Quand on dirige une association, c’est lui qu’on attaque. Cela n’obéit à aucune volonté de nuire. Je demande de prendre en compte sa bonne foi. Il n’a pas publié quelque chose qui est inventé. Il fonde son propos sur un rapport. Il est adossé sur un rapport, même s’il ne s’agit pas de détournement. Il n’y a même pas de détournement. Le fait est réel ».

Me Baboucar Cissé

« J’ai connu Téliko en tant que magistrat intègre mais la procédure est nulle sur plusieurs aspects »

« Je l’ai connu en tant que magistrat intègre, courtois. Quand j’ai été saisi pour défendre Madiambal, je l’ai fait sans complaisance. La citation est nulle. Jusqu’à l’extinction du soleil, vous ne pouvez pas la régulariser. Le certificat indiquant la réception de la citation n’est pas versé dans le dossier. On ne respecte pas l’article 624 du code de procédure pénale. La procédure est nulle sur plusieurs aspects. La citation a rédigée le 23 avril, nous l’avons reçue le 28 ».