NETTALI.COM- 5 ans de prison ferme, c’est la peine que la chambre criminelle de Dakar a infligée au vigile Cheikhouna Badji, reconnu coupable d’avoir volé 1547 sacs de farine au préjudice des Grands Moulins de Dakar.

Le vigile a été condamné pour les faits d’association de malfaiteurs et vol en réunion commis la nuit avec moyen de locomotion. En sus de la peine de 5 ans de réclusion criminelle, Cheikhouna Badji doit payer, en guise de dommages et intérêts, le montant de 15 millions de francs CFA.

Le juge, en rendant sa sentence, n’a pas suivi le réquisitoire du parquet qui était de 10 ans.

Dans cette affaire, Cheikhouna Badji et son acolyte Moustapha Mbaye sont accusés d’avoir, en 2017, volé 1547 sacs de farine estimés à 21, 658 millions de francs CFA au préjudice « Des grands moulins de Dakar ». C’est seulement, le vigile qui a comparu à la barre de la chambre criminelle de Dakar.
Chef du service de gardiennage des GMD, Cheikhouna Badji avait fait changer de poste ses camarades pour les éloigner de l’endroit où le vol était perpétré. Les sacs de farine ont été embarqués à bord de deux camions que son acolyte Moustapha Mbaye a affrétés.

A la barre, l’accusé a reconnu les faits. Il a évoqué une maladie cardiaque pour justifier son implication dans cette affaire. A l’en croire, il souffrait d’anomalies cardiaques atroces et il devait subir une opération moyennant 6 millions de francs CFA. Une somme qu’il a n’a pas pu amasser à cause des vicissitudes de la vie. C’est sur ces entrefaites qu’il a, avec son acolyte, planifié le vol. « On n’avait pas marchandé sur le prix unitaire des sacs mais on les vendait à 12 mille francs CFA. Je ne peux pas chiffrer la quantité de sacs de farine volée. Tout ce que je voulais c’est d’avoir des sous pour me soigner », a fait savoir l’accusé.

En effet, les éléments enquêteurs ont retrouvé 20 tonnes à Touba et 948 sacs de farine à Tivaouane chez un receleur.
Le procureur estimant que les faits qui lui sont reprochés ne souffrent d’aucune contestation et considère que sa maladie ne justifie pas son acte et la loi doit être appliquée dans toute sa rigueur.

Les avocats de la défense avaient plaidé l’état de nécessité. Selon Me Tall, son client a volé parce qu’il était animé par le sentiment de se débarrasser de cette malédiction. « L’état de nécessité suppose qu’on sauve un intérêt. La vie et la santé n’ont pas de prix. La vie de Cheikhouna Badji vaut mieux les milliards des Grands Moulins de Dakar même si je ne cautionne pas le vol », avait plaidé Me Tall. Son confrère Me Babacar Ndiaye avait abondé dans le même sens. Ce dernier estime que si on était dans un Etat plus juste, dans un Etat où les ressources étaient équitablement partagées, il ne volerait pas pour se soigner. Malheureusement, regrette-t-il : « nous avons un Etat où les ressources sont illégalement réparties. On a besoin d’un pays juste. Il a besoin d’être assisté médicalement. Il a volé contre son gré. Il n’est pas un bandit ».