NETTALI.COM – L’Association nationale des bijoutiers du Sénégal pointe le système de taxation en vigueur, dit qu’elle ne profite pas de l’or produit au pays de la Teranga.

Le comptoir d’achat mis en place par l’Association nationale des bijoutiers du Sénégal n’a reçu, à ce jour, aucun gramme d’or, depuis son existence en 2017, du fait de la contrainte majeure qu’est la TVA de 18 % qui rend l’or trop cher et hors de portée des bijoutiers et de la clientèle. C’est ce qu’a révélé son président Ibrahima.

D’après lui, cette taxe “n’existe dans aucun pays du monde’’. “Nous sommes au regret de constater que tout l’or de Sabadola est destiné à l’exportation, alors que la réforme constitutionnelle de 2016 a donné aux citoyens des droits sur leurs ressources naturelles et minières. Avec les difficultés d’approvisionnement, le secteur de la bijouterie est en train de s’effondrer et beaucoup de jeunes ont déserté les ateliers pour l’émigration clandestine’’, a dit M. Niang. Au fait, lors de son discours à la Nation du 3 avril 2013, le président de la République Macky Sall avait affirmé, avec force, que s’agissant de la vocation minière du pays, il était heureux d’annoncer qu’elle se confirme, avec l’accord novateur que le gouvernement qui venait de conclure. Il donnait une plus grande envergure à l’exploitation de la mine d’or de Sabadola. Et pour la première fois, dans un tel accord, il avait obtenu qu’une partie de l’or de Sabadola soit commercialisée sur le marché national, pour diversifier les sources d’approvisionnement de la filière et générer de nouvelles activités, notamment pour les bijoutiers sénégalais.

Le président de l’Association nationale des bijoutiers informe qu’après de longues concertations et de fructueux échanges, ils ont eu à faire plusieurs réclamations. Il s’agit de l’approvisionnement de leur comptoir d’achat en matières premières (or, argent) pour contribuer à la lutte contre le recel et ainsi amoindrir les risques encourus par les bijoutiers, une fiscalité adaptée au secteur de la bijouterie. Mais, aussi, de l’implication des acteurs dans la délivrance des licences d’importation, de la prise en charge de la bijouterie par le Projet d’employabilité des jeunes par l’apprentissage (Peja) et du renforcement des capacités des maîtres bijoutiers. A cela s’ajoute la création d’un “Market Gold’’ moderne qui englobe toute la chaine de valeur, de la raffinerie à la commercialisation, en passant par la production. “Nous tenons aussi à attirer l’attention des Sénégalaises sur les dangers liés au port de bijoux fantaisistes à base de plomb qui peut affecter sérieusement leur santé.

Pour terminer, malgré nos demandes d’audience adressées au chef de l’Etat qui n’ont connu aucune suite, nous réitérons notre engagement au service de la bijouterie et au développement économique de ce pays’’, a conclu M. Niang.