NETTALI.COM – La Banque Agricole, entité accréditée au « Fonds Vert pour le Climat », est au cœur du dispositif de financement du développement. Malick Ndiaye, directeur général évoque l’enjeu qui est de « préparer notre secteur privé à soumettre des projets bancables de qualité, éligibles à la finance durable » mais aussi « conformes aux engagements souscrits par le Sénégal en matière climatique, notamment l’Accord de Paris. » c’était au cours de l’émission « Ecodev » sur la RFM, animée par Abdoulaye Cissé.

Face au défi environnemental, le Sénégal ménage sa monture pour aller loin, devant la nécessité d’honorer les engagements souscrits à l’Accord de Paris sur le réchauffement climatique. Dans ce cadre, la Banque Agricole (ex-Caisse nationale de crédit agricole-Cncas) est en première ligne. L’institution a, au mois d’août passé, obtenu son accréditation auprès du « Fonds Vert Climat ». Sur les ondes de la RFM, ce vendredi 12 mars, Malick Ndiaye, directeur général de la Banque Agricole, est revenu à l’émission « ECODEV » sur « le processus long et très fastidieux », qui a conduit à cette prouesse.

« Le Fonds vert a des exigences très fortes qu’il applique à l’ensemble de ses partenaires. Ce sont des critères prédéfinis que nous avons pu remplir au bout de trois ans de travaux. L’enjeu est de préparer et de permettre au secteur privé de soumettre des projets de qualité, bancables et éligibles au financement du FVC », dira le DG.

Cette accréditation de LBA permet en outre, un accès direct aux ressources du « Fonds Vert Climat » et leur gestion au nom de celui-ci. La Banque Agricole, est à cet égard, souligne M. Ndiaye, « réceptacle de pouvoirs pour gérer des fonds émanant du Fonds Vert Climat. Elle va aussi accompagner des structures telles que le FONGIP et le FONSIS à accéder à l’accréditation auprès du Fonds Vert Climat. »

Le directeur général Malick Ndiaye, qui n’a pas manqué de mettre l’accent sur le partenariat avec la Compagnie Nationale d’Assurance Agricole, a remercié le ministère de l’Environnement pour son accompagnement dans le processus d’accréditation. « Il est possible d’atteindre nos objectifs si nous travaillons bien. Il faut que tous les acteurs s’intéressent aux modèles d’exploitation », exhorte-t-il encore.

Mieux, la banque, dans une approche intégrée, appliquée aux financement des chaines de valeur, travaille au renouvèlement du parc de transport pour maitriser la pollution. « En milieu rural, il y a un schéma pour solariser les forages », informe Malick Ndiaye qui cite l’exemple du partenariat noué avec la SAED pour des centrales solaires dans le cadre des travaux d’irrigation. « Cela a un impact décisif sur la filière riz qui va augmenter sa compétitivité », souligne-t-il.

COVID-19 – « Au Sénégal, la croissance est sauvée par l’agriculture »

Evoquant la question des contrecoups néfastes de la Covid-19, le directeur général de la Banque Agricole a fait remarquer que c’est pour relever le défi de l’impact de la crise, que sa structure a été « fortement sollicitée pour le programme de résilience de l’économie ». Il a ainsi rappelé que, pour donner corps aux « mesures fortes » prises par le gouvernement, le système bancaire a été sollicité et celui-ci a accompagné et soutenu les différents acteurs, notamment à travers les reports d’échéance sans intérêt sur les financements court-terme.

«Au Sénégal, la croissance est sauvée par l’agriculture », se réjouit le patron de la Banque Agricole qui a mis le curseur sur l’accompagnement apporté à des filières comme le riz, l’arachide, le mil etc.

« La banque n’est plus seulement dans le secteur agricole… »

Au rayon des motivations de la mutation profonde de la Caisse nationale de crédit agricole, qui est devenue La Banque Agricole, 30 ans après, M. Ndiaye a marqué la « volonté forte de rester dans le secteur agricole », malgré l’ouverture opérée en 2019, par un rajeunissement des codes et des couleurs de l’institution.

Leader dans le financement du secteur agricole, la banque vise à embrasser la plupart des secteurs de la vie économique ; diversifier et proposer à sa clientèle une plus large gamme.« La banque est ouverte pour l’économie nationale, elle n’est plus seulement dans le secteur agricole, elle est là pour servir les autres agents  économiques », prend date Malick Ndiaye qui souhaite modifier l’impression d’une caisse populaire que projetait son ancêtre, la CNCAS.

« Dans la Vallée du Fleuve, si vous dites la banque, c’est la CNCAS. En zone nord nous avons une très forte présence. La fréquentation de la banque est importante. Le fait de s’appeler la banque agricole, lève toute équivoque. Il y a un nouveau visage qui est réellement apprécié par les acteurs», justifie-t-il encore cette mutation.

« Nous approfondissons notre approche en terme d’offres sur les chaines de valeur agricoles et apportons l’expertise dans un écosystème de filières améliorées pour compétir avec le reste du monde », note-t-il.

En plus de disposer de 40 agences à travers le territoire national, La Banque Agricole, grâce à une politique de modernisation soutenue, a lancé un Guichet crédit-bail et, dans le cadre du mobile money, elle s’est doté d’une plateforme digitale dénommée AgriCash