NETTALI. COM- Au  Sénégal les structures sont malades. C’est le résultat du diagnostic de l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (CICODEV-Afrique) qui déplore une amélioration  insuffisante de l’accueil au niveau des structures sanitaires. 

À l’heure où la maladie du coronavirus dicte sa loi au Sénégal, l’institut Panafricain pour la Citoyenneté, les Consommateurs et le Développement (CICODEV-Afrique) prend le pouls et diagnostique les problèmes relatifs à l’accueil dans les structures de santé au Sénégal. Comparativement à la situation de décembre 2015, l’analyse des résultats de cette enquête-observation de 2020 montre une amélioration de l’accueil classique sauf dans l’identification des guichets d’accueil qui reste toujours problématique dans 29,17 % des structures visitées.
« Les services d’accueil d’urgence sont installés progressivement dans les structures depuis notre première enquête. La situation de l’accueil des malades hospitalisés ne s’est pas améliorée. Le comportement du personnel envers les usagers et accompagnants a certes connu des améliorations, mais beaucoup reste à faire à ce niveau », a révélé l’enquête-observation menée par CICODEV.

L’enquête a porté sur les points critiques tels que l’accueil classique, l’accueil des urgences, l’accueil des malades hospitalisés et le comportement du personnel des structures.

Les mauvaises odeurs

Globalement, l’enquête a révélé que 39,58 % des structures observées ne disposent pas de panneaux d’orientation comprenant des images ; 29,17 % des structures observées ne disposent pas de guichets d’accueil ou ne sont pas identifiables contre 22% en 2015. Selon toujours l’enquête, 10,42% des structures n’étaient pas propres au moment de la visite contre 18,5% en 2015. Elle indique que dans 25 % d’entre-elles, les observateurs ont été accueillis par les mauvaises odeurs contre 29, 6 % en 2015. En sus, 25 % des toilettes publiques des structures n’étaient pas propres au moment des observations contre 30% en 2015; 18,75% des toilettes des salles d’hospitalisation étaient dans un état similaire d’impropriété lors de la visite des observateurs contre 26% en 2015.

De même l’enquête signale que 9 des 33 hôpitaux et centres de santé observés ne disposent pas encore de guichet d’accueil d’urgence soit 27,27% contre 41,17% en 2015.

Les draps sales

Dans 37,5% des salles d‘hospitalisation, les lits n’étaient pas en quantité suffisante alors que les draps pour 37,5% des lits des salles d’hospitalisation n’étaient pas propres. Dans 1 des hôpitaux (Sédhiou) observés, il n’existe pas de service de restauration. En effet, l’observation s’est faite sur 48 structures de santé (dont 15 hôpitaux, 18 centres de santé et 15 postes de santé) dans les 14 régions du Sénégal. Elle a concerné 345 patients/accompagnants et 48 agents d’accueil.
L’enquête-observation a aussi révélé que 25,8% des patients/accompagnants interrogés ont déclaré avoir peur de se rendre dans une structure de santé à cause de la qualité de l’accueil; ce chiffre était de 32,5% en 2015. Au même moment, 21,74% ont déclaré avoir subi un acte de favoritisme de la part du personnel.
Disputes entre patients et personnels

Là où, d’après l’enquête, 19,13% des enquêtés attestent s’être disputés avec le personnel d’accueil à cause du mauvais comportement de ces derniers contre 34% en 2015; Au total, 54,17 % des structures observées n’ont pas de système de réclamation et plus de la moitié 56,25% des agents d’accueil interrogés ont déclaré n’avoir pas reçu une formation en accueil. En effet, selon Cicodev, l’accueil dans une structure de santé constitue une étape importante qui conditionne le bon déroulement de la prise en charge. L’accueil est un mode de communication verbal et non verbal, de rencontre et d’échanges. Pour les professionnels de santé, l’accueil est partie intégrante des soins. C’est un acte professionnel réfléchi, qui s’analyse, s’apprend, se développe dans une finalité de qualité des soins. Assainir l’environnement hospitalier est un intrant essentiel dans la prise en charge des malades surtout en cette période de pandémie de Covid-19.

Formation et soutien des agents

Conscient de tous ces paramètres, l’Institut Panafricain pour la Citoyenneté, les Consommateurs et le Développement exhorte les autorités sanitaires à faire de la propreté et de l’hygiène des priorités sans compromis dans toutes les structures sanitaires tout en veillant au respect strict des mesures édictées pour limiter la propagation du coronavirus.

Pour optimiser l’accueil et les soins d’urgence pendant la pandémie de la Covid qui risque de se prolonger, il faudra, d’après Cicodev, plus que du matériel, des infrastructures, une formation et un soutien pour les agents de santé et pour ce faire, il est important d’Introduire ou renforcer dans tous les parcours de formation initiale et permanente des personnels de santé, des modules sur l’éthique professionnelle, sur la notion de service de qualité dû aux usagers, sur la relation d’aide et à l’écoute, sur le traitement équitable des usagers.