NETTALI.COM – Le procureur avait requis le mandat de dépôt. Mais n’étant pas sûr que le juge du 8e cabinet, à qui le dossier sur le viol a été confié, suivrait ses réquisitions, Serigne Bassirou Guèye s’est basé sur les évènements survenus ce mercredi 3 février pour faire arrêter le leader de Pastef par la Section de recherches.

Dans son réquisitoire introductif dans l’affaire “Sweet beauty“, le Procureur de la République avait demandé au juge du 8e cabinet, à qui il a confié le dossier, de placer la dame Ndèye Khady Ndiaye, propriétaire de ce salon de massage et toutes les personnes qui ont été citées dans cette affaire, sous mandat de dépôt. En clair qu’il les dépose en prison.  «X» qui était visé dans cette procédure, a finalement été identifié comme étant Ousmane Sonko. La levée de son immunité parlementaire a ainsi été demandée et obtenue.

Dès lors, les auditions pouvaient démarrer. C’est ainsi qu’Adji Sarr, la plaignante, ainsi que la 2e masseuse, ont été entendues. Le neveu de Maodo Malick Mbaye qui avait porté aide et assistance à la plaignante, a également été auditionné.

Ce mercredi, c’était au tour d’Ousmane Sonko et de Ndèye Khady Ndiaye. Le premier était convoqué à 9h, le second à 10 heures. Finalement, Ousmane Sonko n’a pu arriver au palais de justice, du fait de la foule immense qui l’accompagnait et de l’intervention des forces de défense et de sécurité.

Quant à Ndèye Khady Ndiaye, elle a été inculpée, mais placée sous contrôle judiciaire. Le juge n’a donc pas suivi le procureur qui avait requis le mandat de dépôt.

Cet acte du magistrat instructeur a envoyé un signal fort au parquet. En effet, comme il l’a fait avec Ndèye Khady Ndiaye, le juge d’instruction allait faire de même avec Ousmane Sonko. Suffisant pour que le procureur change de fusil d’épaule. Se basant sur les évènements survenus ce mercredi 3 février, il a tout simplement ordonné à la gendarmerie de procéder à l’arrestation du leader de Pastef pour «trouble à l’ordre public».

Ousmane Sonko a été arrêté sur ordre du Procureur par un Officier de gendarmerie pour trouble à l’ordre public et participation à une manifestation non autorisée. Il a été embarqué de force dans un pickup  destination Section des Recherches de Colobane“, a indiqué Me Khoureychi Ba.

De ce fait, le Procureur a la garantie qu’Ousmane Sonko ira en prison dans tous les cas. En effet, le leader de Pastef est arrêté sous le régime du flagrant délit. Ce qui coupe l’herbe sous les pieds de l’opposition dont les députés ont déposé un recours pour obtenir l’annulation de la levée de l’immunité parlementaire d’Ousmane Sonko. Ce recours devant le Conseil devrait être suspensif (pour ce qui concerne la procédure ouverte devant le juge du 8e cabinet). Mais, partant du principe qu’un député peut être arrêté en cas de flagrant délit, le Procureur se base sur les évènements de ce mercredi 3 mars pour mettre de nouvelles charges sur le dos d’Ousmane Sonko.

Autre «ingéniosité» du Procureur de la République, en visant le délit de «trouble à l’ordre public» prévu par l’article 80 du Code pénal, a la garantie que n’importe quel juge d’instruction à qui il confiera le dossier, sera dans l’obligation d’envoyer Ousmane Sonko en prison.

En effet, l’article 139 du Code de procédure pénale dispose que lorsque le procureur vise les articles 56 à 100 et l’article 255 du Code pénal, le juge à qui le dossier est confié est tenu la personne inculpée sous mandat de dépôt.