NETTALI.COM – Mikhaïl Gorbatchev, le dernier dirigeant de l’Union soviétique, devrait fêter mardi son 90e anniversaire en quarantaine sur la plateforme Zoom, et a été qualifié à cette occasion par le président russe Vladimir Poutine d'”homme d’État exceptionnel” ayant influencé le cours de l’histoire.

Mikhaïl Gorbatchev, défenseur du contrôle des armements et des réformes axées sur la démocratie dans les années 1980, a été largement crédité d’avoir contribué à mettre fin à la Guerre froide, mais critiqué pour l’éclatement, jugé par ses détracteurs russes inutile et douloureux, de l’Union soviétique en 1991.

Le lauréat du prix Nobel de la paix en 1990, qui a passé plusieurs mois isolé à l’hôpital par précaution pendant la pandémie, organisera un rassemblement virtuel avec des amis proches et le personnel de sa fondation, a déclaré son porte-parole Vladimir Polyakov.

“Nous lèverons nos verres”, a-t-il dit. “Nous nous rassemblerons ici et (Gorbatchev) sera là et nous nous verrons et porterons des toasts.”

Selon Vladimir Polyakov, des messages de félicitations avaient été envoyés par des dirigeants mondiaux, notamment le Premier ministre britannique Boris Johnson, le président américain Joe Biden et la chancelière allemande Angela Merkel.

Le président russe Vladimir Poutine, qui compte parmi ceux qui ont déploré l’éclatement de l’Union soviétique, a envoyé à Mikhaïl Gorbatchev un télégramme de félicitations, publié sur le site internet du Kremlin.

“Vous appartenez à juste titre à la galaxie des gens brillants et extraordinaires, des hommes d’État exceptionnels de notre temps qui ont eu une influence significative sur le cours de l’histoire nationale et mondiale”, a-t-il écrit.

L’héritage de Mikhaïl Gorbatchev a été partiellement effacé ces dernières années alors que les relations entre Moscou et Washington se détérioraient pour atteindre leur niveau de l’après-guerre froide, précipitant la disparition d’un traité qui interdisait aux deux nations de déployer des missiles balistiques terrestres d’une certaine portée.

L’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et les différends concernant les sanctions, les accusations d’ingérence politique et la géopolitique ont encore envenimé les relations entre les États-Unis et la Russie.

Mikhaïl Gorbatchev a mis en garde contre un retour à la guerre froide et a exhorté Moscou et Washington à poursuivre le dialogue, quelles que soient leurs divergences.

Le ministre des Affaires étrangères de Lituanie, Edgars Rinkevics, a fait état dans un tweet de la reconnaissance des Lettons envers l’ancien dirigeant soviétique.

“(Ses réformes) perestroïka et (glasnost) étaient destinées à sauver l’Union soviétique, au lieu de cela elles ont accéléré l’effondrement de l’empire communiste ouvrant la voie à la liberté pour des millions de personnes”, a-t-il écrit.

Une pièce de théâtre retraçant la vie de Mikhaïl Gorbatchev mise en scène à Moscou le mois dernier a recueilli les éloges de nombreux spectateurs, admiratifs de l’homme.

“C’est un homme de son temps. Il a changé notre pays. C’est un homme audacieux”, a déclaré Jamila Iskandera.

Pourtant, dans les rues de Moscou, beaucoup ont adopté une attitude plus dure envers lui.

“C’est un moulin à paroles (…) Il n’était pas prêt à guider un si grand et si éminent État”, a commenté Viatcheslav Sokolov.

“Je suis né en Union soviétique et je pense que c’était une grosse erreur de ruiner l’Union soviétique”, a ajouté Irina Baychenko, une autre Moscovite.