NETTALI.COM – La Coalition des confédérations syndicales des travailleurs et travailleuses du Sénégal (Ccss), en conférence de presse ce mercredi, exige la légifération durable sur les mesures de protection en période de crise et compte organiser une marche nationale en guise de riposte contre les multiples agressions dont ils prétendent être victimes.

Après leur réunion du 14 octobre 2020, les secrétaires généraux de la Coalition des confédérations syndicales des travailleurs et travailleuses du Sénégal (Ccss), abordant entre autres sujets la situation désastreuse des entreprises et des travailleurs dans un contexte de pandémie de Covid-19, se sont émus de “la dégradation très avancée des conditions de vie et de travail des milliers de travailleurs et  travailleuses sénégalais dont le quotidien a brusquement viré au cauchemar”.

Composée de l’Udts, Cnts, Csa, Unsas et Cnts/Fc, la Ccss s’est attardée sur la situation sociale dans la crise sanitaire de la Covid-19.

Avec la saison touristique qui démarre, les promoteurs hôteliers, estimant insuffisant le soutien de l’Etat pour maintenir leurs activités et sauver les emplois, menacent tout bonnement de fermer boutique. Ainsi, plus de 2.000 travailleurs seraient jetés dans la rue, avec des risques certains de désagrégation des familles. Les secteurs des transports, du commerce et de l’industrie ont également payé un lourd tribut du fait de la fermeture des frontières. Cette crise a mis à nu les insuffisances de notre système de santé, tant du point de vue des infrastructures et de leurs équipements, que le recrutement suffisant en personnel qualifié“, ont fait savoir les secrétaires généraux de la Ccss.

Concernant le secteur de l’éducation, Elimane Diouf et compagnie s’inquiètent sur le respect des mesures barrières. “Devant le manque chronique de tables bancs et de classes pour les établissements scolaires, d’amphithéâtres et de salles de TD pour les universités, la distanciation sociale semble être impossible au risque de les transformer en foyer de transmission de la maladie“, craignent-ils.

Par ailleurs, la Ccss dénonce le fait que certains chefs d’entreprises n’ont pas hésité à se débarrasser, sous prétexte de la crise, d’éléments combatifs, se dressant contre les injustices dans les lieux de travail.

Sur un autre registre, la Ccss s’insurge contre les violations des libertés syndicales notamment à l’hôpital Abass Ndao, dans le secteur minier, en particulier aurifère de Kédougou, le licenciement de deux femmes à l’Agence de presse sénégalaise (Aps).
En outre, sur le détournement de tickets de restauration constaté à l’Ipres, la Ccss exige que toute la lumière soit faite sur ce scandale.

Il importe aujourd’hui, de légiférer de façon durable sur les mesures de protection des travailleurs en période de crise et s’ouvrir par la mise en place de mécanisme d’assurance chômage mais aussi la protection des entreprises contre les risques industriels majeurs comme les incendies qui se sont produits au Port autonome de Dakar au cours de ces deux derniers mois“, disent-ils.

Ainsi, entre autres points revendications, la Ccss exhorte le gouvernement à soutenir davantage les entreprises en difficulté, à promouvoir davantage l’emploi des jeunes, à renforcer les mesures de protection des travailleurs et la sécurisation des emplois.
Elle exige la réintégration des travailleurs abusivement licenciés aux Grands Moulins de Dakar, ainsi que le rétablissement des camarades dans leurs droits au niveau de l’hôpital Abass Ndao.
Les secrétaires généraux de la Ccss s’opposent à toutes formes de précarisation des emplois dans le cadre de la réforme du code du travail. Ils mettent en garde les employeurs contre toute tentative de règlement de compte sous prétexte de difficultés avec des licenciements économiques.

Enfin, la Confédérations Syndicales des travailleurs et travailleuses du Sénégal compte mettre en œuvre un plan d’action articulé autour des éléments suivants : l’organisation d’une marche nationale en guise de riposte contre les multiples agressions dont sont victimes les travailleurs et la transmission d’une plateforme revendicative minimale auprès de l’autorité administrative et le cas échéant un dépôt de préavis de grève pour le règlement global de toutes ces questions soulevées.