NETTALI.COM - Les envois de fonds via Orange money, en provenance de Paris vers la région de Louga, sont évalués à 647 millions de dollars, soit plus de 357,576 milliards de francs Cfa. C’est ce que révèle le rapport final d’étude d’octobre 2020 de MicroSave Consulting, en partenariat avec la fondation Mastercard, sur “La demande de services d’envoi de fonds de la diaspora dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest : le cas de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Sénégal’’.

En 2018, les travailleurs migrants et leurs familles en Côte d’Ivoire, au Mali et au Sénégal représentaient un secteur de 3,7 milliards de dollars Us. Selon le rapport final d’étude d’octobre 2020 de MicroSave Consulting, en partenariat avec la fondation Mastercard, sur “La demande de services d’envoi de fonds de la diaspora dans les pays francophones d’Afrique de l’Ouest : le cas de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Sénégal’’, transmis au journal “EnQuête’’, la majeure partie des envois de fonds proviennent de la France.

Dans l’Hexagone, les diasporas ivoiriennes, maliennes et sénégalaises représentent deux-tiers des populations francophones ouest-africaines. Le document indique que les Maliens représentent l’une des populations d’immigrés intra-régionaux les plus importantes au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Et parmi les migrants interrogés en France dans le cadre de l’étude, seuls 15,5 % ont utilisé des canaux numériques tels que l'application mobile, l'argent mobile ou le virement bancaire. "La plus forte utilisation a été observée dans la diaspora sénégalaise. (…) Louga est la troisième plus grande population rurale du pays et la quatrième région, en termes de flux entrants d’envois de fonds, représentant 11,9 % du total des
transferts entrant au Sénégal. 30% de la population rurale de Louga dépend de ces transferts. Les envois de fonds via Orange money en provenance de Paris vers la région de Louga, sont évalués à 647 millions de dollars, soit plus de 357,576 milliards de francs Cfa", renseigne le rapport.

Dans les trois pays africains, l’étude rappelle que le marché des transferts internationaux a représenté 3,7 milliards de dollars, soit plus de 2 042 milliards de francs Cfa en 2018, selon la Banque mondiale.

Cependant, le document indique que malgré les innovations des sociétés de transfert de fonds, l'adoption de services à valeur ajoutée reste "limitée". Les clients sont principalement attirés par les services qui sont "peu coûteux" et qui
impliquent un "minimum de tracas".
Et par rapport aux défis, l’étude note
qu’il y "un manque de sensibilisation" de nombreux consommateurs aux services à valeur ajoutée. Le coût des appareils haut de gamme et riches en fonctionnalités dépasse, selon le rapport, le pouvoir d'achat de la plupart des utilisateurs. Il y a aussi l’absence de comptes bancaires chez plusieurs consommateurs, un "manque de capacité technique" (données) pour évaluer les destinataires des transferts de fonds, les partenariats exclusifs dans les pays
réduisent les options pour l'expéditeur et le destinataire, et comprendre le dossier commercial des institutions financières pour travailler avec les destinataires des transferts de fonds. Les politiques de réglementations cohérentes en équilibre avec les initiatives du secteur privé sont, en générale, absentes dans ces trois pays où est menée l’étude.
Pour faire face à ces challenges, le cabinet de conseil MicroSave Consulting (Msc) préconise la pro￾motion de la culture numérique parmi les migrants travaillant avec le gouvernement ou les Ong, l’amélio￾ration de l'assistance à la clientèle. Et aussi de développer les lieux de paiement au-delà des banques et en utilisant les détaillants et les banques non-financières. Dans cette optique, il est aussi recommandé d’inciter les bénéficiaires à utiliser les services financiers formels, de permettre l'accès aux données pour aboutir à des environnements réglementaires proportionnés. Mais aussi d’avoir "un effort concerté" des décideurs politiques et du secteur privé pour développer des solutions sur mesure.