NETTALI.COM – Felwine Sarr rejoint l’Université Duke, en Caroline du Nord, au sein de laquelle ses recherches vont principalement porter sur l’Afrique de l’Ouest, avec l’ambition de contribuer à élargir “la géographie des savoirs”. Cette migration vise à amener les sociétés africaines à “réinvestir des archives cognitives et des pratiques discursives à travers lesquelles elles ont transmis et enrichi un capital culturel dans le temps”. L’annonce est de l’universitaire et penseur sénégalais.

Sur sa page Facebook ce lundi, Felwine Sarr, professeur agrégé d’économie et cofondateur du Laboratoire d’analyse pluridisciplinaire des dynamiques des sociétés africaines et de la diaspora (Laspad), annonce son départ de l’Université Gaston Berger de St-Louis. “Depuis quelques jours, informe-t-il, je suis arrivé à Durham en Caroline du Nord. Je rejoins l’Université de Duke où j’ai obtenu un poste de Distinguished Professor of Humanities dans le département de Romance Studies. J’y occupe la chaire Anne-Marie Bryan. C’est un département d’humanités dites +Writ Large+”.

“Après 13 ans de bons et loyaux services à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, c’est une nouvelle aventure qui commence pour moi. J’élargis mon champ disciplinaire aux humanités et continue à construire une expérience à la croisée des sciences humaines et sociales. Je me déplace et change de lieu à partir duquel je fais l’expérience du monde”, précise Felwine Sarr.

L’université Duke, également appelée la “Harvard du Sud”, est considérée comme l’université la plus sélective du Sud des États-Unis, selon une étude datant de 2008 (US News & World Report 2008). Elle est membre de l’Association of American Universities, une association qui, depuis 1900, regroupe les universités de recherches d’élite d’Amérique du Nord.

” Le programme de recherche que je conduis à Duke, ajoute-t-il, et sur lequel je vais travailler ces prochaines années, s’intitule Ecologies of Knowledge. J’y repose la question de ce qu’est un savoir, j’y explore les épistémologies du non-logos, les savoirs inscrits dans les textes oraux, les arts, les corps, et toute la topographie du discours social. Il est important non seulement d’élargir la géographie des savoirs, mais pour les sociétés africaines de réinvestir des archives cognitives et des pratiques discursives à travers lesquelles elles ont transmis et enrichi un capital culturel dans le temps. Ma conviction est que ces archives réinvesties, enrichiront notre connaissance et sont fécondes pour les temps à venir. Mon terrain de recherche de prédilection sera l’Afrique de l’Ouest “.

Il rejoint au département de Romance Studies, l’historien Laurent Dubois, le sémioticien argentin Walter Mignolo, Deborah Jenson, Esther Gabara, Ranji Khanna, Anne Gaelle Saliot, Richard Rosa et tant d’autres, qui l’ont chaleureusement accueilli. Valentin Yves Mudimbé a enseigné dans ce même département il y a quelques années. Aujourd’hui à la retraite, il vit toujours à Durham.

” Je me suis promis d’honorer une promesse de visite que je lui avais faite il y a quelques années, et de contribuer au bout du mat de son travail, aidé des archives du tout-monde, à l’œuvre de réinvention que nous nous sommes assignés “, promet Felwine Sarr.