NETTALI.COM – La grosse enquête du Consortium international des journalistes d’investigation  (ICIJ), dont les résultats sont publiés ce dimanche par le journal français Le Monde, détaille comment Isabel dos Santos, la fille de l’ancien président d’Angola, a bénéficié des soutiens de l’Etat pour orchestrer un empire à 2 milliards, par la création d’une petite centaine de sociétés offshore.

« Au total, il s’agit de plus de 715 000 fichiers, pour la plupart confidentiels. Ils détaillent le fonctionnement interne de plus de 400 entreprises et filiales, établies pour les plus anciennes depuis 1992 et disséminées dans 41 pays, dans lesquels le couple détient des parts. Ce sont des échanges de courriel, avec toute sorte de pièces attachées, contrats, procès-verbaux de réunions de conseils d’administration, organigrammes, rapports de gestion, conventions de prêts ou même des documents personnels, issus de boîtes e-mail d’employés de Fidequity, une de leurs sociétés de gestion basée au Portugal et de plusieurs autres compagnies ou prestataires de service », rapporte Rfi.fr, qui a parcouru Le Monde.

Le site de la radio tricolore de préciser : « Dans ces centaines de milliers de pages, Isabel dos Santos et Sindika Dokolo n’interviennent que très peu directement. Ils se réfugient derrière une poignée d’intermédiaires, des hommes et femmes de confiance qu’ils placent à la tête d’un enchevêtrement de sociétés disséminées à travers le monde. Les « Luanda Leaks » permettent d’éclairer le rôle de ces petites mains, gestionnaires, avocats, notaires, banquiers, comptables et autres cabinets d’audit qui au fil des ans ont posé très peu de questions sur cette mainmise de la famille dos Santos sur l’économie angolaise, les montants astronomiques des transactions financières ou immobilières, moins encore sur l’origine de leur fortune. Même si Mme dos Santos et M. Dokolo se plaignent des restrictions qui leur sont imposées, les États qui abritent leurs investissements sont eux-mêmes presque absents de la conversation. Des millions en liquide sont transférés du Luxembourg au Portugal ; des millions en diamants vont de Suisse vers la France, sans que la question la plus évidente soit posée ».

« Ces flux expliquent-ils pourquoi plus de 15 ans après la fin d’une guerre civile sanglante, l’État angolais connaît un taux de croissance parmi les plus élevés d’Afrique et même du monde quand sa population continue de vivre pour près de 40% dans l’extrême pauvreté ? », s’interroge Rfi.

Toutefois, le mari de la fille de dos Santos crie au complot et dénonce : « On savait que plusieurs de nos sociétés ont été ciblées par un hacker portugais, ces documents ont été gardés et sont instrumentalisés aujourd’hui pour faire main basse sur nos avoirs à l’étranger. Ils se servent de la presse pour manipuler l’opinion et les gouvernements ».

D’ailleurs, quatre jours avant la publication de cette enquête, Isabel dos Santos a laissé entendre à la télévision portugaise qu’elle n’exclut pas de se présenter à la présidentielle de 2022.