NETTALI. COM- A Touba, les opérateurs économiques se réfugient souvent derrière la classe maraboutique pour refuser de payer l’impôt.

Touba est, comme qui dirait, un no man’s land à l’intérieur du pays.  Dans la capitale du mouridisme,  rares sont les opérateurs économiques qui s’acquittent du paiement de leurs impôts. La plupart d’entre eux se réfugient derrière les marabouts pour se soustraire à cette obligation.

Selon EnQuête, c’est pour endiguer ce phénomène  qui génère  un manque à gagner énorme pour l’Etat central, que les services des impôts et domaines de Diourbel, en collaboration avec la Chambre de commerce, d’agriculture et d’industrie de ladite région, ont initié, ce jeudi, un atelier de partage sur la question, à l’attention des opérateurs économiques locaux.

Une occasion saisie par un représentant du Centre régional des services fiscaux de Diourbel pour regretter qu’à Touba, des gens se réfugient derrière des marabouts pour refuser de payer l’impôt. “Nous avons moins de problèmes à Diourbel et à Bambey. Mais à Touba, les gens se réfugient derrière les marabouts pour refuser de payer l’impôt. Ce qui constitue un manque à gagner énorme pour le budget de l’Etat. L’essentiel de l’activité économique de la région de Diourbel s’effectue à Touba, la ville la plus peuplée du pays après Dakar’’, a fait savoir Boubacar Dieng. Il traitait le thème “La fiscalité locale, les obligations fiscales annuelles des opérateurs économiques et des entreprises, la création et l’animation de centres de gestion agréés’’.

Il est revenu sur les défis de l’Administration fiscale. “Nous sommes en présence d’une matière très complexe qui est la fiscalité, parce que beaucoup de populations ignorent l’impôt, son utilité et lamanière de le payer. Il y a d’énormes efforts qui ont été faits par l’Administration fiscale, par le Centre des services fiscaux de Diourbel. Mais je peux dire qu’il reste beaucoup de choses à faire à ce niveau-là, pour pousser les gens à venir déclarer et à payer leurs impôts’’, mnetionne-t-il.

Soulignant ainsi que l’enrôlement des contribuables à Touba est un grand défi et aussi un grand problème pour le service des impôts. “Nous sommes dans une région où, en termes de déclaration de paiement, les statistiques sont très faibles’’, déplore-t-il.

Revenant sur les objectifs fixés cette année au Centre régional des services fiscaux de Diourbel, Boubacar Dieng confie : “On a un objectif de recette de 2 milliards et nous peinons à l’atteindre chaque année. Pour les objectifs de l’année 2019, il nous reste 500 millions de francs Cfa. Les difficultés sont liées à la perception de l’impôt de manière générale dans les pays sous-développés, mais surtout de la région de Diourbel’’.