NETTALI.COM – Comment faut-il décrypter la multiplication d’entités de l’opposition devant dialoguer avec le pouvoir, lors de l’ouverture du dialogue national prévu le 28 mai prochain ? Si ce n’est pas de la confusion, ça y ressemble beaucoup. 

Dimanche 12 mai, le groupe des 4 composé des 4 partis vaincus lors de la présidentielle 2019, se réunit chez Me Madické Niang, malgré l’absence d’Ousmane Sonko empêché. A l’issue de la rencontre, il rend public un communiqué pour dire qu’ils sont favorables au dialogue national, mais à condition que le Président Macky Sall s’engage à respecter toutes les décisions issues de ce dialogue. Ils exigent dans la foulée, que la rencontre soit dirigée par une commission paritaire dans laquelle vont siéger des personnalités neutres et indépendantes. Le groupe des 4 était représenté par Issa Sall, lors de la discussion sur les termes de référence du dialogue prévu le 28 mai.

Lundi 13 mai, six partis et mouvements politiques de l’opposition décident de se retrouver au sein du Congrès de la renaissance démocratique. Il s’agit de : l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail, la LD Debout, Taxaw Temm,  le mouvement Tekki, “Ensemble” du juge Dème et le Parti de l’Émergence Citoyenne pour la République des Valeurs de Thierno Alassane Sall. Une initiative dont la naissance se justifie par ce qu’ils appellent “la dégradation généralisée et continue de la situation du pays », dans un communiqué conjoint.

Mercredi 15 mai, c’est le Front de Résistance Nationale qui sort un communiqué pour suspendre sa participation au dialogue jusqu’à ce qu’une personnalité neutre soit désignée pour conduire le dialogue. Des membres du FRN tels qu’Amsatou Sow Sidibé et Mamadou Diallo et d’autres représentants étaient présents, alors que le PDS avait boudé.

Dès lors se pose la question de la diversité des entités de lutte politique, étant entendu que tous les partis d’opposition sont en principe membres du Front de Résistance nationale. L’on note en effet que le groupe des 4 issus d’un rassemblement des candidats malheureux de l’opposition organise par ailleurs des réunions et mène des actions en son sein sans toutefois intégrer les autres partis d’opposition.

De même l’on note une nuance dans la posture des uns et des autres. En effet si le Groupe des 4 est partant et ne pose comme conditions que la direction du dialogue par une commission paritaire dans laquelle vont siéger des personnalités neutres et indépendantes ; de son côté, le FRN lui suspend sa participation, tout en souhaitant la désignation d’une personnalité neutre.

Une situation qui finalement ressemble à une confusion et donne l’impression d’une opposition à deux vitesses avec d’une part les partis plus représentatifs (suivant les résultats du parrainage et de la dernière présidentielle) et d’autre part, des partis moins représentatifs de l’échiquier politique. Finalement une opposition qui peine à s’entendre et à conduire une action commune et concertée.

Et pourtant, lors de la discussion sur les termes de référence, jeudi 9 mai, en vue du dialogue national qui s’ouvre le 28 mai prochain, le ministre de l’Intérieur s’était montré conciliant vis-à-vis de l’opposition. Il disait en ces termes : “Nous n’avons aucun problème à mettre en place une commission composée de personnalités neutres, comme vous le souhaitez. Je ne modère pas les débats. Nous n’avons pas de divergences fondamentales. Nous sommes ouverts à tout. Si vous voulez auditer tout le processus depuis le début, allons-y, si on a le temps“. Ce jeudi 15 mai encore, lors d’une seconde réunion, le ministre de l’Intérieur a réitéré la volonté de dialoguer et la mise en place d’une commission paritaire composée de personnalités neutres. Que demander de plus, dès lors ?