NETTALI.COM – A la veille de la formation de ce gouvernement, Macky Sall a théorisé le renouveau, avec tout le champ lexical qui porte sur le changement.

On a même tenté de tropicaliser des concepts anglo-saxons en érigeant le Fast-Tract en mode de gestion pour justifier une réorientation vers l’efficacité et l’efficience propres à la rationalité managérielle. Bref, le maitre-mot était le « resserrement organique ». Les moins naïfs auraient pu deviner que la « gouvernance sobre et vertueuse » du nadir n’a pas produit l’effet escompté, en sept ans.

Faisons comme si de rien n’était ! Pour joindre l’utile à l’agréable, le pléthorique personnel du cabinet présidentiel (entendez chargés de mission, conseillers spécieux, ministres-conseillers…), a été remercié, à commencer par le directeur de cabinet Me Oumar Youm.

Chassez le naturel, vite il revient au galop ! La montagne a accoucha d‘une souris, quand de 39 ministres, on ne se retrouve qu’avec 35 (si on y inclut les secrétaires d’Etat qui avaient disparu de l’organigramme en 2017). Macky Sall n’ira pas chercher loin pour trouver les techniques et astuces de recasement du personnel politique encombrant. Comme sous le régime du pape du Sopi, on a démarré avec un seul ministre d’Etat (Idrissa Seck, en l’occurrence) pour finir par en nommer près d’une dizaine, cette la station devient le point de chute des déçus du remaniement. D’abord Ismaïla Madior Fall hérite de la dignité de cette fonction. Ensuite Mamouth Saleh et Mbaye Ndiaye. Et qui sait demain, pourquoi pas Marême Badiane, la patronne des femmes du parti au pouvoir.

Sous l’ère socialiste, le ministre d’Etat était habillé de tout le prestige de la fonction.  On en connut de sémillants comme Me Doudou Thiam, le Pr. Assane Seck, Babacar Bâ. Ils étaient tous à la tête de ministères de souveraineté et non au palais, uniquement, pour constituer la garde d’honneur du chef de l’Etat.   Même du temps de Abdou Diouf, deux seules fois, on a compté quatre ministres d’Etat dans un même gouvernement, entre 1993 et 1997. Si le poste avait perdu tout le symbolisme qui s’y attachait sous Senghor, Me Wade, alors chef de l’opposition, ne lui aurait pas proféré celui de vice-président ( ?).

En définitive, cette pléthore de ministres d’Etat, donnant l’impression qu’il y a un cabinet fantôme autour d’un Macky Sall au physique de Bonaparte, est à rebours du principe de rationalisation vendu au peuple sénégalais. C’est à se demander si elle ne va pas, à la longue, produire l’effet d’un contrepoids pour porter ombrage aux membres du gouvernement.