NETTALI.COM – La dernière présidentielle est entachée d’irrégularités et de fraudes manifestes. C’est le constat fait par la colaitionIdy2019, qui a publié ce mardi un rapport intitulé « Rapport public sur l’élection présidentielle du 24 février 2019 : observations saillantes autour  d’un hold-up électoral ».   

 Idy2019 en veut pour preuves les résultats de Goudiry. « Il n’y a eu que 4973 votants. Le score de la coalition au pouvoir est passé de 13743 à 28756. Pire, le score obtenu par la coalition Taxawu Sénégal en 2017 (6474), représentée à la présidentielle par la coalition Idy2019, a paradoxalement baissé avec seulement 1964 voix, soit une baisse de 4510 voix », s’étonnent les contestataires.  

« Donc, l’arrivée de nouveaux votants et l’augmentation du taux de participation n’a profité qu’à la coalition au pouvoir. Ce qui suffit à montrer à travers cet exemple de Goudiry, le caractère purement artificiel des résultats de ce département », en déduit Idy2019.

« Ce qu’il faut aussi noter c’est que le transfert d’électeurs sur la base de faux extraits de naissance, a été noté dans plusieurs autres départements. Cependant le fait que la CENA s’est gardée de révéler le nombre exact de départements concernés par cette forme de fraude à l’état civil, montre non seulement que la CENA est relativement complice, mais révèle aussi une pratique savamment organisée au niveau national, car le département de Goudiry n’en constitue qu’un exemple parmi d’autres comme nous le rappelle la CENA dans son rapport29 », poursuit le livre blanc.

La démission de la CENA réclamée

« Le rôle de la CENA devient depuis l’avènement de la seconde alternance, de moins en moins déterminant dans la supervision et le contrôle du processus électoral. La CENA ne semble pas apprivoiser toutes ses compétences. Elle se replie dans sa pratique actuelle derrière une approche constative en substitution des fonctions réellement actives à elle confiée par le législateur », accuse Idrissa Seck et Cie. Qui pensent que « la CENA est responsable ».

« Parmi les manquements graves directement imputables à la CENA et que le Rapport du comité de suivi soulève, il y a un fait inédit, à savoir : l’enrôlement des mineurs. Or selon la loi électorale le contrôleur de la CENA présent au moment de l’inscription « garde un feuillet de l’attestation d’inscription ou de modification de l’inscription de chaque électeur, appose son visa sur le récépissé d’inscription remis à l’électeur et sur la souche qui sert à la saisie informatique », charge encore la coalition arrivée deuxième à l’issue de l’élection du 24 février passé.

« En réalité, la passivité de la CENA a été telle qu’une militante même de l’APR au MAROC s’est permise de confisquer 600 cartes d’identité », tente de prouver Idy2019. « Le parrainage a révélé une pratique massive de ciblage et de transfert forcé d’électeurs. Le nombre de rejets pour région de vote non conforme aurait dû alerter la CENA », dénonce le livre blanc.

Inscription massive d’électeurs par audience foraine

 Il a aussi été fustigé l’inscription massive d’électeurs par audience foraine. « A titre d’exemple, illustre-t-on, la commune de BOKE DIALOUBE dans le département de Podor a enregistré 381 inscriptions par audience foraine en 2013, 533 en 2014, 929 en 2015, 204 en 2016, 874 en 2017, soit un total de 2921 cas en cinq ans ce qui est matériellement impossible. Le tribunal départemental de Podor ne dispose bien évidemment pas de moyens matériels et humains lui permettant de traiter 2921 cas dans une seule des 22 communes du département de Podor en cinq ans ».

Il a été recensé dans le fichier électoral 155 248 doublons

 Selon le livre, il a été recensé dans le fichier électoral 155 248 doublons, c’est-à-dire des électeurs avec des N.I.N à 14 et non à 13 chiffres. « Ces électeurs, outre leur nature d’électeurs fictifs, phagocytent le fichier car reprenant exactement le vrai N.I.N d’électeurs existant réellement mais en les dénaturant avec le chiffre 2 à la fin, et ce, avec un nom et prénom (s) distincts », détaille le document.

« Dans la pratique frauduleuse de l’administration électorale, il a été relevé plusieurs électeurs dont le lieu de naissance dans le fichier électoral est “Sénégal”. Ce qui est impossible car le lieu de naissance doit être une ville », relève le rapport.

La justice sera saisie

 En définitive, Idy2019, qui a formulé 39 recommandations, compte engager un procès en pénal contre l’administration électorale pour forfaiture et poursuivre auprès des tribunaux compétents « les auteurs et complices des fraudes à l’état civil identifiées » dans le Rapport suite à l’audit du fichier électoral remis aux candidats à l’élection présidentielle du 24 février 2019