NETTALI.COM – Le supposé projet de dévolution monarchique du pouvoir est la trame des douze ans de magistère de Me Abdoulaye Wade. Malgré l’agitation médiatique autour de cette question, Karim, dont tous les faits et gestes étaient épiés par ceux-là qui minaient son quotidien de « fils de », a été invisible du début à la fin.

Tapis dans l’ombre, il aime tirer sur les ficelles, ordonner un système sans qu’on ne découvre le métronome. On l’a entendu une seule fois, c’était au lendemain des événements du 23 juin, quand il n’était plus possible de se taire. La coupe était alors trop pleine.

Wade défait en 2012, la réactivation de la CREI alimenta toutes sortes de commentaires. Karim Wade qui était battu dans son propre bureau de vote au Point E, aux locales de 2009, prend de la bouteille, politiquement s’entend, en tirant profit de sa posture victimaire, devant ce qui était perçu par des franges de l’opinion comme une justice du double-standard. Une justice propre, selon l’accusation portée par ses affidés, à liquider un adversaire politique gênant.

Son stoïcisme devant l’épreuve a payé, puisqu’il est investi candidat du Parti démocratique sénégalais. C’est l’éternel charme de David face à Goliath !

Cependant, les conditions obscures dans lesquelles il a été libéré en juin 2016, sous les auspices d’un Etat étranger, amènent Idrissa Seck à théoriser le protocole de Doha. Le magazine Jeune Afrique verse d’autres révélations au dossier. Ces indiscrétions ont le don d’établir la théorie du complot entre les Wade et le Macky, sur le dos du peuple du Sopi.

Karim Wade répète inlassablement qu’il n’est lié au pouvoir par un quelconque deal. Au détour d’un périple sous-régional, l’émir du Qatar fait quelques heures à Dakar. On assiste à une frénésie de voyages sur l’axe Doha-Dakar, avec les va-et-vient incessants du procureur général de l’émirat gazier entre les deux capitales.

Aux législatives de 2017, Wade-fils n’est pas rentré. Il laisse son papa mener à 91 ans, le combat par procuration. C’est ce moment que choisissent ses partisans pour réitérer que le Pds n’a pas de plan B.

Multipliant les lettres incendiaires contre le régime depuis Doha, Karim, dopé par le fait d’avoir remporté des batailles sur le terrain de la justice internationale, use du champ lexical du retour et prend date.

Au finish, son retour est renvoyé à la semaine des Quatre Jeudis. Il ne daigne même pas s’en expliquer et s’enferme, depuis l’invalidation de sa candidature, dans un silence de cathédrale. Même Wade-père  est gagné par cette loi de l’omerta depuis qu’il est revenu de Conakry.