NETTALI.COM – Amadou Bâ quitte le ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, mais n’est pas pour autant sur la voie de garage comme d’aucuns le soulignent. Le titre de chef de la diplomatie peut lui permettre de continuer à tisser sa toile conséquemment aux ambitions qu’on lui prête. 

Après l’éclatement, révélé, plus tôt, par nettali.com, du super-ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Bâ atterrit au très convoité département des Affaires étrangères, même s’il n’en voulait pas. Contrairement à une idée répandue dans la presse, cette migration n’est pas forcément une voie de garage même si celui-ci voulait conserver son ministère d’origine, mais en entier.

Certes, l’ancien directeur général des impôts et domaines quitte son terrain de prédilection, en perdant l’influence et la puissance de l’argentier de l’Etat, mais il peut gagner en réseaux, en plus de ce qu’il avait de bien important déjà.

Cela, dans un contexte où le Sénégal, avec la découverte de ressources pétro-gazières importantes, est courtisé par les puissances de la planète. Rien qu’en 2018, Dakar a accueilli presque tous les grands dirigeants de ce monde : d’Emmanuel Macron au chinois Xi Jinping, en passant par Angela Merkel, Erdogan etc. Même le président russe Vladimir Poutine a reçu Macky Sall, au mois de juin passé, à Moscou, en marge de la dernière édition de la Coupe du monde de football.

Capitalisant sur ce qui ressemble à « un âge d’or » de la diplomatie sénégalaise, Amadou Bâ qui était déjà très bien introduit dans les milliers des bailleurs de fonds, tient là l’opportunité de garnir son carnet d’adresses.

On se rappelle qu’un certain Cheikh Tidiane Gadio avait tiré profit de l’aura de Me Abdoulaye Wade, chantre du NEPAD, pour se faire une renommée internationale.

En outre, compte tenu du leadership du Sénégal sur la scène régionale, Bâ peut nouer de très bonnes relations avec des chefs d’Etat et de grands décideurs, de tous les secteurs, d’Afrique de l’Ouest, voire du continent.

De plus, le fait d’avoir la haute main sur les passeports diplomatiques est  une arme redoutable pour satisfaire une clientèle politique, surtout dans les milieux maraboutiques.

Cependant, Amadou Ba doit surveiller ses arrières. Macky Sall, en supprimant le poste de Premier ministre, est à la tête d’un cabinet à l’américaine et aucun compartiment de l’Etat ne doit échapper à son contrôle.

Dans les grandes démocraties comme la France ou les Etats-Unis d’Amérique, les chefs d’Etat sont assistés par de tentaculaires conseillers qui concurrencent le ministre des Affaires étrangères sur le terrain de la diplomatie parallèle, où les grandes décisions se prennent.

En définitive, le désormais ex-ministre de l’Economie, des Finances et du Plan est aux portes du destin. Il peut, à partir de son poste actuel, gravir un palier ou découvrir à  ses dépens la mésaventure de Babacar Bâ, l’ancien ministre de l’Economie sous Léopold Sédar Senghor, dont les charges de ministre des Affaires étrangères semblaient lourdes sur ses épaules, au point de précipiter sa chute. De plus, il n’aura peut-être plus le temps de faire la politique comme avant.