NETTALI.COM - La publication de la liste du nouveau gouvernement continue de produire ses effets. Si l'équipe de trente ministres nommée par le Président Bassirou Diomaye Faye a officiellement pris les rênes de l'exécutif sous la direction du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, elle a également ouvert une nouvelle séquence politique marquée par des démissions en série au sein de l'administration sénégalaise. Le premier signal fort est venu de la Présidence de la République.

Moins de vingt-quatre heures après la formation du gouvernement, le professeur Sidy Alpha Ndiaye, ministre- conseiller juridique et directeur de cabinet adjoint du chef de l'État, a annoncé sa démission. Dans une déclaration largement relayée, l'universitaire a justifié son départ par des raisons politiques, éthiques et de cohérence avec ses convictions. Pour celui qui fut l'un des principaux artisans des réformes juridiques portées par Pastef, la nouvelle configuration du pouvoir remet en cause le projet politique ayant conduit la majorité actuelle au pouvoir.

Sans attaquer directement le chef de l'État, il a estimé que la majorité politique choisie par les Sénégalais ne gouvernait plus pleinement. Une position qui traduit le malaise d'une partie des responsables proches de Pastef face à l'absence du parti dans le nouvel attelage gouvernemental.

Cependant, certains trouvent que M. Ndiaye s’est juste engouffré dans une brèche, mais qu'il était sur un siège éjectable. Dans l’avis rendu par le Conseil constitutionnel sur les avant-projets de lois portant révision de la Constitution sénégalaise, il est constaté que l’autorité a relevé des erreurs juridiques et des “incohérences”, sans compter les mentions “inutiles”, “surabondantes” et “contraires à l’esprit général de la Constitution”.

Par ailleurs, le ministère de la Microfinance, de l'Économie sociale et solidaire est devenu l'un des épicentres de cette contestation silencieuse. Serigne Badiane, membre du cabinet du ministre Alioune Dione, a été parmi les premiers à annoncer son départ. Dans son message, il a réaffirmé son engagement aux côtés de Pastef et d'Ousmane Sonko tout en remerciant le ministre pour la confiance accordée. Son geste a rapidement été suivi par plusieurs autres collaborateurs. Des informations concordantes font état des démissions d'Elhadji Fall et Talla Kaire, tous deux chargés de mission, ainsi que de Moussa Gueye et Dié Sène, membres du cabinet. Une série de départs interprétée comme une réaction à la recomposition politique en cours.

La vague de démissions ne se limite pas aux ministères. Dès les premiers jours ayant suivi le limogeage d'Ousmane Sonko de la Primature, des responsables d'établissements publics avaient déjà choisi de quitter leurs fonctions. Mouhamed Abdallah Ly, directeur général du Musée des Civilisations noires, a ainsi annoncé sa démission à travers un bref message publié sur ses réseaux sociaux.

Peu après, El Hadji Ndane Diagne a quitté la direction générale de la Sonacos. Mais ce qu’il faut dire, c’est que, d’après nos informations, M. Diagne avait une première fois déposé sa démission, mais elle n’a pas été acceptée. Ainsi, il a juste profité de la crise pour réitérer le geste.

Dans le même temps, Khadija Mahécor Diouf a renoncé à la présidence du Conseil de surveillance de l'Agence de développement local (ADL), revendiquant ouvertement un choix de fidélité à Ousmane Sonko.