NETTALI.COM - Alors que  Ousmane Sonko a affiché ses désaccords avec le chef de l'État sur la rigueur des audits publics et la gestion de la dette, Aminata Touré est montée au créneau pour apporté la réplique à l'ex-Premier ministre. Tout en réaffirmant l'engagement présidentiel en faveur de la transparence, la coordinatrice de la coalition au pouvoir plaide pour une justice sereine et indépendante, refusant de transformer la reddition des comptes en une arme de vengeance politique.

Face à la presse ce mardi, Ousmane Sonko a mis en lumière de profondes divergences avec le président Bassirou Diomaye Faye, ciblant tout particulièrement la gestion de la dette publique et la reddition des comptes. En réplique sur la Rfi ce mercredi, Aminata Touré, coordinatrice de la coalition Diomaye Président, s'est employée à apaiser les esprits. Selon elle, les récentes frictions politiques ne présagent en rien un renoncement aux réformes promises ni un abandon des engagements de gouvernance pris devant les Sénégalais. « La reddition des comptes ne doit pas devenir un règlement de comptes », a-t-elle d'emblée clarifié.

Le leader de Pastef a notamment exprimé ses craintes de voir le chef de l'État freiner la cadence et opter pour une méthode plus concernant les audits de la gestion publique. À ces inquiétudes, Mimi Touré oppose une autre lecture de la situation : « Pourquoi dire que c'est la fin de la reddition des comptes ? Peut-être que c'est au contraire le début d'une reddition des comptes conforme à l'indépendance de la justice ».

Pour l'ancienne ministre de la Justice, il s'avère primordial de ne pas confondre l'action judiciaire et les rivalités partisanes. « La reddition des comptes ne veut pas dire règlement de comptes. Ce sont deux choses différentes ». Elle rappelle ainsi que les motivations politiques doivent s'effacer devant la rigueur du droit : « Vous pouvez avoir un adversaire politique que vous n'aimez pas et que vous souhaiteriez voir disparaître de la scène politique. Cela ne suffit pas pour qu'un juge le condamne ». « Le président est plus que jamais pour la reddition des comptes, mais pas pour le règlement de comptes » a-t-elle affirmé.