NETTALI.COM - Le leader de Rewmi et ancien Premier ministre Idrissa Seck a refusé de prendre part aux consultations engagées par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, dans le cadre du Dialogue national 2026. Selon des sources proches de son entourage, il juge l’exercice inutile.
Idrissa Seck n’ira pas au Palais. L’ancien Premier ministre et président de Rewmi a décliné l’invitation que lui avait adressée le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, dans le cadre des consultations engagées du 21 au 31 mai 2026.
Lancée ce jeudi 21 mai, la première phase de cette séquence est réservée aux anciens chefs de gouvernement, anciens ministres des Finances et anciens ministres de l’Intérieur.
Plusieurs figures de ce premier cercle ont répondu présent. Aminata Touré, actuelle Haut représentante du président, y a vu un “capital essentiel de gouvernance”. Amadou Ba, dernier Premier ministre de Macky Sall et candidat malheureux à la dernière présidentielle, a invoqué “le sens des responsabilités et l’attachement à l’intérêt supérieur de la Nation”.
L’absence d’Idrissa Seck tranche dans ce concert. À l’heure où ces lignes sont écrites, Rewmi n’a pas publié de communiqué officiel motivant le refus de son leader, à la différence du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) et de l’Alliance pour la République (APR), qui ont, eux, formellement justifié leur retrait par des griefs de transparence et d’inclusivité.
Selon des sources proches de son entourage, le silence du leader de Rewmi recouvre une conviction : celle que l’exercice est, en l’état, inutile. Une lecture qui prolonge une posture déjà ancienne. En mars 2024 déjà, Idrissa Seck avait rejeté les conclusions du dialogue national convoqué par Macky Sall, au nom du “respect strict de la Constitution et des lois”.
Sa décision actuelle s’inscrit dans cette ligne constante de retrait des grand-messes consultatives. Il faut dire que l’homme entretient avec ce type d’exercice un rapport particulier, façonné par une trajectoire politique éprouvante.
Ancien Premier ministre de Me Abdoulaye Wade entre 2002 et 2004, Idrissa Seck a connu, après son éviction, plusieurs années de persécution politique. Inculpé en 2005 dans l’affaire dite des “chantiers de Thiès” pour atteinte à la sûreté de l’État et détournement de deniers publics, il avait été placé en détention provisoire pendant plusieurs mois, avant que les poursuites ne soient successivement abandonnées. De cette épreuve, le leader de Rewmi a tiré une lecture exigeante des consultations institutionnelles, qu’il aborde désormais avec une prudence devenue, chez lui, une signature politique.






