NETTALI.COM - Le climat social se tend dans l’administration financière sénégalaise. Dans un communiqué publié ce 21 mai 2026, le Syndicat unique des travailleurs du Trésor a exprimé sa vive inquiétude face à certaines orientations du projet de Code général des impôts.
Au cœur de la contestation : la volonté prêtée à la Direction générale des Impôts et des Domaines de récupérer le recouvrement des impôts locaux. Le SUTT dénonce une démarche : « inopportune », « infondée » et « inélégante ». Le syndicat y voit une tentative de remise en cause d’une compétence historiquement exercée par le Trésor public, qu’il estime remplir avec efficacité et professionnalisme.
Cette initiative intervient, selon le syndicat, à un moment particulièrement sensible, marqué par le déploiement du SIGIF, un système stratégique de modernisation des finances publiques dans lequel le Trésor joue un rôle central.
Pour le SUTT, cette réforme risque de perturber un chantier déjà engagé et d’affaiblir la cohérence globale du système.
Dans la foulée, le syndicat critique aussi les ambitions de la Direction générale des Douanes, accusée de vouloir reprendre le recouvrement des droits de douane dans le cadre de la réforme du Code des douanes.
Le SUTT dénonce une logique « corporatiste » qui pourrait rompre un équilibre essentiel entre le recouvrement des recettes et la gestion de la trésorerie publique. Un déséquilibre qui, selon lui, fragiliserait la gestion des finances de l’État.
Face à ces tensions, le syndicat interpelle directement les autorités, notamment le ministre des Finances, afin d’arbitrer ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle. L’enjeu dépasse, selon lui, les rivalités administratives et concerne la viabilité financière des collectivités territoriales et la bonne gestion des deniers publics.
Pour étayer sa position, le SUTT réclame une évaluation, par la Cour des comptes du Sénégal, du transfert du recouvrement des impôts d’État opéré en 2009.
Selon le syndicat, cette réforme aurait entraîné un manque à gagner significatif pour les finances publiques et des coûts supplémentaires liés à l’intervention de tiers (huissiers, commissaires-priseurs). Alors même que le Trésor dispose, selon lui, de compétences internes suffisantes.
Le SUTT invite la DGID à concentrer ses efforts sur le respect du calendrier fiscal et la modernisation de l’assiette des impôts locaux, jugée obsolète
En conclusion, le syndicat, dirigé par El Hadji Dioumorou Dia, prévient qu’il se réserve le droit d’engager toutes les actions nécessaires, y compris syndicales. Il appelle également les agents du Trésor à rester mobilisés, laissant entrevoir un possible durcissement du mouvement si ses revendications ne sont pas entendues.






