NETTALI.COM - Face à la presse, le mardi 19 mai à Dakar, le député non-inscrit Tafsir Thioye a vivement contesté la procédure ayant conduit à la promulgation de la loi modifiant les articles L29 et L30 du Code électoral. Dénonçant des “irrégularités graves” et une possible altération du texte voté à l’Assemblée nationale, il annonce un recours devant le Conseil constitutionnel.
Le député non-inscrit Tafsir Thioye est monté au créneau, le mardi 19 mai, pour contester la promulgation de la loi modifiant les articles L29 et L30 du Code électoral. Face à la presse, le parlementaire a dénoncé ce qu’il qualifie de “graves irrégularités” dans la procédure ayant conduit à l’adoption du texte, accusant la majorité parlementaire d’avoir transmis au président de la République une version différente de celle votée par les députés. Cette sortie médiatique intervient quelques jours après la promulgation de la loi par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, dans un climat politique marqué par de vives tensions autour de la réforme électorale.
Au cours de sa déclaration, Tafsir Thioye est longuement revenu sur les incidents ayant émaillé la seconde lecture du texte à l’Assemblée nationale. Il a rappelé avoir, dès les débats parlementaires, dénoncé une violation du règlement intérieur de l’institution.
Selon lui, les dispositions encadrant les procédures législatives n’ont pas été respectées, notamment en ce qui concerne la transmission du texte adopté et la transparence des travaux parlementaires. Le député affirme que le document transmis pour promulgation ne correspondrait pas à celui validé en séance plénière.
“Nous sommes en train de violer notre règlement intérieur”, avait-il lancé lors des débats à l’Assemblée nationale, estimant que des modifications substantielles avaient été introduites après le vote des députés. Il soutient notamment que l’exposé des motifs et certaines dispositions du texte auraient été modifiés sans nouvelle validation parlementaire.
Face aux journalistes, Tafsir Thioye a parlé d’une situation “extrêmement grave” susceptible, selon lui, de fragiliser la crédibilité du processus législatif et des institutions démocratiques.
Le parlementaire a également regretté l’absence de communication autour du procès-verbal officiel des travaux parlementaires. Il affirme avoir demandé à plusieurs reprises les documents relatifs à la seconde délibération sans obtenir de réponse satisfaisante.
Pour le député non-inscrit, cette opacité nourrit davantage les soupçons autour de la procédure ayant conduit à l’adoption définitive de la réforme électorale.
Tafsir Thioye a annoncé qu’un recours devant le Conseil constitutionnel est en préparation avec d’autres parlementaires. Selon lui, le document est déjà rédigé et il ne manquerait que certaines signatures pour formaliser la saisine.
Le député insiste toutefois sur le fait que sa démarche ne vise pas à bloquer toute réforme du Code électoral, mais à exiger le respect strict des procédures parlementaires et des principes de transparence.
Dans son intervention, Tafsir Thioye a également appelé à un dialogue politique plus inclusif autour des questions électorales. Il estime que toute modification des règles du jeu démocratique devrait faire l’objet d’un large consensus afin de préserver la stabilité institutionnelle du pays.
Cette nouvelle contestation intervient dans un contexte où les réformes électorales cristallisent les tensions entre majorité et opposition, à quelques mois de futures échéances politiques. La possibilité d’un recours devant le Conseil constitutionnel pourrait ainsi ouvrir une nouvelle séquence dans ce dossier déjà hautement sensible






