NETTALI.COM - La médiation financière s'impose comme un levier incontournable de régulation au Sénégal. Boosté par l'essor du mobile banking et la dématérialisation des services, l’Observatoire de la Qualité des Services Financiers (OQSF) a enregistré une hausse de près de 25 % des saisines en 2025. Ce mécanisme gratuit de règlement à l’amiable prouve son efficacité en consolidant la confiance entre les usagers et les institutions financières, tout en désengorgeant massivement les tribunaux.
Selon les données publiées ce lundi 18 mai 2026 par l’OQSF, le nombre de nouveaux dossiers litigieux est passé de 379 en 2024 à 475 en 2025. Dans le détail, la majorité des requêtes, soit 357 dossiers, visent les banques, les établissements financiers, La Poste et les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD). Le secteur des assurances totalise quant à lui 118 dossiers, ce qui représente un bond spectaculaire de 66 % en un an par rapport aux 71 affaires répertoriées en 2024.
L'efficacité du dispositif reste particulièrement élevée. Le taux de résolution globale frôle les 94 %, la quasi-totalité des différends en matière d'assurance trouvant une issue pacifique.
Pour le compartiment bancaire, le taux de réussite s’est établi à 64 % en 2025, alors que sa moyenne sur cinq ans se maintient à un niveau robuste de 86 %.
Le médiateur Amadou Kane Diallo dresse un bilan historique élogieux depuis la création des deux guichets en 2009. Au niveau bancaire, l'institution a traité près de 3 500 saisines pour un encours de 5 milliards de FCFA. Du côté des assurances, ce sont 1 745 saisines qui ont été enregistrées pour un montant global de 1 milliard 918 millions de FCFA. « Au total, nous avons empêché près de 5 000 litiges d'atterrir devant les tribunaux, ce qui représente près de 7 milliards de FCFA préservés », s'est félicité M. Diallo.
Dans le secteur des assurances, les conflits proviennent essentiellement des sinistres « Incendies, Accidents et Risques Divers » (IARD), des accidents automobiles matériels et corporels, des assurances-vie, des vols et des questions de retraite ou de rente éducation.
Dans le secteur bancaire et de la microfinance, les clients contestent principalement les lenteurs des transferts internationaux, les frais et grilles tarifaires, les revendications de primes par les actionnaires, les complications liées au remboursement de crédits, la mobilité bancaire ou encore des anomalies d'opérations comptables.
Face à un marché en pleine mutation, marqué par la diversification des offres numériques, la clarté des contrats devient un enjeu de stabilité sociale. Pour le médiateur de l'OQSF, l’enjeu actuel est de vulgariser ces espaces d'écoute.
Amadou Kane Diallo a conclu en expliquant que dans un contexte de digitalisation rapide, la confiance devient centrale et que ces Assises doivent permettre de mieux faire connaître au grand public un mécanisme d'utilité publique qui demeure encore insuffisamment visible.






