NETTALI.COM - Le Sénégal a de nouveau sollicité le marché financier régional de l’UEMOA pour couvrir ses besoins budgétaires, dans un environnement marqué par une hausse généralisée des coûts d’emprunt.
Le 30 avril 2026, le Trésor public a levé 26,060 milliards FCFA à travers une émission simultanée de Bons Assimilables du Trésor (BAT) à 357 jours et d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à trois ans, organisée avec UMOA-Titres.
L’opération a enregistré un taux de couverture de 115,20 %, avec des soumissions atteignant 34,560 milliards FCFA, alors que l’État recherchait initialement 30 milliards.
Ce niveau confirme que la signature sénégalaise reste attractive sur le marché régional, malgré un contexte financier plus contraignant.
Le montant retenu, inférieur à l’objectif initial, traduit toutefois une vigilance accrue face au coût de financement.
Les rendements moyens pondérés se sont établis à 7,29 % pour les BAT à 357 jours et 8,05 % pour les OAT à 3 ans
Des niveaux jugés élevés, reflétant la hausse des exigences des investisseurs.
Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs :le durcissement des politiques monétaires internationales, la remontée des taux directeurs de la BCEAO, les pressions inflationnistes et l’augmentation des déficits publics dans plusieurs pays de la région
Depuis 2022, ces éléments ont contribué à renchérir progressivement le coût de la dette souveraine en Afrique de l’Ouest.
La structure de l’émission illustre la stratégie du Sénégal : les maturités courtes (357 jours) permettent de mobiliser rapidement des liquidités et les maturités plus longues (3 ans) contribuent à étaler le risque de refinancement
Toutefois, le marché régional reste dominé par des financements à court et moyen terme, limitant la capacité des États à sécuriser des ressources sur de longues durées à coûts modérés.
Le coupon annuel de 6,30 % sur les obligations à trois ans témoigne de ce nouvel environnement, où les investisseurs se montrent plus attentifs aux niveaux d’endettement, aux trajectoires budgétaires et aux perspectives économiques
Dans ce contexte, le Sénégal continue de mobiliser des ressources pour financer ses investissements, notamment à l’heure où le pays entre dans sa phase d’exploitation pétrolière et gazière.






