NETTALI.COM - Un atelier de lancement du processus d’élaboration du Plan décennal de Développement de la Foresterie 2026- 2035 a eu lieu hier. Il a été présidé par le Ministre de l’Environnement et de la Transition écologique. Pour Dr Abdourahmane Diouf, cette initiative intervient à un moment particulièrement opportun, marqué par une volonté clairement affirmée du gouvernement d’engager des réformes profondes dans la gestion durable de nos ressources naturelles, notamment forestières et fauniques.

Le premier rapport sur le Niveau de Référence des Forêts (NRF) du Sénégal, soumis en juin 2025 au Secrétariat de la Convention sur les changements climatiques, souligne que le pays dispose d’environ 9,3 millions d’hectares de forêts, répartis entre formations naturelles, plantations forestières et mangroves. Ces écosystèmes constituent un levier stratégique majeur pour la résilience face aux changements climatiques, la sécurité alimentaire, la conservation de la biodiversité et la lutte contre la pauvreté en milieu rural.

À l’échelle mondiale, selon le rapport FRA 2025, plus de 2,5 milliards de personnes dépendent directement des forêts pour leur subsistance, ce qui témoigne de leur importance cruciale. Cependant, at- il précisé, malgré un ralentissement relatif de la déforestation au cours de la dernière décennie, les défis demeurent importants. Le Sénégal perd encore en moyenne 11 500 hectares de forêts par an.

À cela s’ajoute la pression croissante exercée par les feux de brousse, qui continuent de causer des dégâts considérables. La dernière campagne nationale a enregistré près de 1,2 million d’hectares de terres forestières et pastorales impactées, pour des pertes estimées à plus de 499 milliards de francs CFA. Cette situation compromet gravement la fourniture des biens et services écosystémiques essentiels aux populations.

C’est pourquoi, le ministre indique que l'élaboration de ce nouveau plan décennal intervient à la suite de l’expiration de la politique forestière 2005-2025, qui a permis d’importants acquis, notamment en matière de décentralisation et d’implication des collectivités territoriales dans la gestion des ressources forestières.

Le document en préparation s’inscrit dans une logique de consolidation et d’approfondissement de ces acquis, à travers notamment le renforcement de l’aménagement et de la gestion durable des forêts et des terres, la consolidation de la conservation des aires protégées et de la biodiversité, ainsi que l’amélioration de la gouvernance forestière, avec une implication accrue du secteur privé dans la valorisation des ressources. Par ailleurs, le secteur forestier, ajoute le ministre, constitue un pilier essentiel de la politique de son département et contribue significativement au respect des engagements internationaux du Sénégal en matière de lutte contre la désertification, les changements climatiques et l’érosion de la biodiversité.

“À l’horizon 2035, notre ambition est claire : porter à 2,4 millions d’hectares les superficies sous aménagement forestier durable, restaurer plus de 280 000 hectares de terres dégradées, promouvoir la régénération naturelle assistée sur 100 000 hectares, et réduire de 50 % les superficies affectées par les feux de brousse. Ces objectifs s’inscrivent pleinement dans la Vision Sénégal 2050, qui fait de la gestion durable des ressources naturelles un levier majeur de développement. Ils appellent également un alignement stratégique avec la nouvelle organisation territoriale, notamment à travers les huit pôles de développement économique et social”, souligne le ministre.