NETTALI.COM - La séance consacrée à la seconde lecture de la loi modifiant le Code électoral, ce samedi 9 mai 2026 à l’Assemblée nationale du Sénégal, a été marquée par un échange tendu entre les députés Abdou Akhad Ndiaye et Cheikh Bara Ndiaye, révélateur des fractures internes au sein de la majorité.
Au cours des discussions, Cheikh Bara Ndiaye a évoqué la position de la ministre Marie Rose Khady Faye, saluant ce qu’il a qualifié de « courage » pour avoir pris publiquement position dans ce dossier sensible.
Une sortie qui a immédiatement suscité la réaction d’Abdou Akhad Ndiaye, pour qui un membre du gouvernement doit avant tout adopter une posture républicaine et mesurée. Alors qu’il tentait de développer son argumentaire, le député de la majorité a été interrompu à plusieurs reprises dans une ambiance agitée au sein de l’hémicycle.
Malgré ces interruptions, il a fini par répondre frontalement : « L’indiscipline ne sert à rien. » Il a également rejeté toute logique de confrontation indirecte : « Je n’ai pas besoin de combat par procuration parce que je peux régler mes problèmes moi-même. »
Dans une intervention remarquée, Abdou Akhad Ndiaye a affirmé son indépendance d’esprit, déclarant : « Je ne compte ni sur Sonko ni sur Diomaye pour gagner quoi que ce soit. Je préfère ma liberté de ton et de pensée. »
Des propos qui ont provoqué de nouvelles réactions dans les rangs de la majorité, certains députés l’empêchant de poursuivre son intervention.Cet épisode met en lumière des lignes de fracture au sein de la coalition au pouvoir, notamment sur la gestion du débat politique interne, la discipline partisane et la liberté d’expression des élus. Alors que la majorité affiche une position officielle de fermeté autour de la réforme du Code électoral, certaines voix semblent revendiquer davantage d’autonomie politique.
Au-delà de l’incident, ces échanges illustrent les tensions latentes qui traversent la majorité, dans un contexte où les débats institutionnels se doublent d’enjeux politiques plus larges.






