NETTALI.COM - Le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, est revenu sur la décision du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, de demander une seconde lecture de la loi modifiant le Code électoral, à la suite d’une controverse sur l’existence de deux versions différentes du texte adopté le 28 avril 2026.

Selon le président de l’hémicycle, le chef de l’État a officiellement activé l’article 73 de la Constitution, après avoir constaté l’existence de deux versions distinctes concernant la modification des articles 29 et 30 du Code électoral.

Cette situation, également relayée par certains députés, a conduit le président de la République à demander une nouvelle délibération, afin de garantir la sécurité juridique du texte avant promulgation.

Tentant de désamorcer la polémique, El Malick Ndiaye évoque une “erreur matérielle” survenue après le vote : « Une partie de l’amendement adopté en commission comportait une erreur matérielle. »

Selon lui, les services législatifs ont tenté de corriger cette anomalie pour établir une version finale conforme, ce qui aurait conduit à la circulation de deux versions administratives du texte.

Le président de l’Assemblée affirme avoir échangé directement avec le chef de l’État pour clarifier la situation et convenir d’une transmission conforme.

El Malick Ndiaye insiste sur la légalité de la procédure, précisant que cette seconde lecture nécessite une majorité qualifiée des trois cinquièmes des députés.

La saisine présidentielle entraîne par ailleurs la suspension du délai de promulgation.

Afin d’éviter un blocage institutionnel, la procédure d’urgence a été activée, réduisant le délai d’examen de huit à quatre jours. Le président de l’Assemblée assure que la loi sera promulguée dans la même semaine.

Malgré les explications avancées, cette affaire de “double version” soulève des questions sur la fiabilité du processus de validation des lois au Sénégal.

Elle pourrait également offrir à l’opposition un angle d’attaque politique, dans un contexte déjà marqué par des tensions autour de la réforme du Code électoral.