NETTALI.COM - La Société nationale des Eaux du Sénégal (SONES) célèbre cette année ses 30 ans. Le jeudi 23 avril, lors du lancement des célébrations, le Directeur général, Abdoul Niang est largement revenu sur le bilan de la société.

Le lancement des célébrations du 30e anniversaire de la Société nationale des Eaux du Sénégal (SONES) a eu lieu le jeudi 23 avril. Occasion saosie par le directeur général pour revenir sur le bilan de l’entreprise. De 1996 à 2026, informe Abdoul Niang, le nombre de centres du périmètre affermé est passé de 48 à 68, la population de ces centres est passée de 6,3 millions à 9,3 millions d’habitants, le nombre d’abonnés est passé de 241 000 à près d’un million, la production annuelle d’eau potable est passée de 99 millions à 299 millions de m³, près de 1 000 milliards de FCFA ont été investis par la SONES pour soutenir cette croissance, et près de 375 000 branchements sociaux ont été subventionnés. Ces réalisations, selon M. Niang, ont impacté 3,7 millions de personnes.

Ces branchements sociaux, associés aux 3 350 kilomètres d’extensions de réseau, représentent une subvention de l’État au profit des couches les plus vulnérables, estimée à près de 61 milliards de FCFA. Grâce à ces efforts soutenus, le taux d’accès à l’eau potable est passé de 80 % en 1996 à 98,5 % en 2026. “Et cette politique à fort impact social se poursuit. Nous devons ces résultats aux éminentes figures qui ont façonné notre histoire : anciens présidents de conseil d’administration, anciens directeurs généraux, directeurs, chefs de service, chefs de projets, chargés de projets, agents de maîtrise et employés. Nous demeurons résolus à répondre aux attentes de nos concitoyens par l’écoute, l’innovation et l’amélioration continue du service public de l’eau”, a-t-il précisé. Avant d'ajouter que trente ans, c’est le temps du bilan, mais aussi celui des transformations.

Le temps des transformations

C’est le moment où l’inventaire du passé éclaire le présent et prépare l’avenir. C’est aussi le temps des réformes, pour conquérir de nouveaux espaces de progrès au service du mieux-être de nos compatriotes. Les 30 ans de la SONES les placent au carrefour des mutations, et au coeur de ces mutations se trouve toujours le citoyen. Car nous demeurons convaincus que le fondement de toute réussite de l’action publique réside dans l’éthique de l’action et la gouvernance par les résultats. La SONES mesure pleinement les attentes que l’État place en elle pour réussir ce moment charnière, ce point de bascule où s’opèrent des mutations décisives. Notre ambition est claire : ne pas subir le changement, mais en être un acteur majeur, aux côtés de l’État et des populations”, a lancé le patron de la SONES.

Venu présider la rencontre, le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dieye, a souligné que la SONES occupe une place stratégique dans le dispositif de l’hydraulique urbaine. En tant que société de patrimoine, elle est, dit-il, au coeur du développement économique et social de notre pays. À ce titre, sa célébration, à ses yeux, mérite toute l’attention et l’engagement de l’État.

Dans cette dynamique du progrès, indique le ministre, les Autoroutes de l’Eau constituent un marqueur de l’action de l’État. “En traversant les territoires, elles offriront d’égales conditions d’accès à tous les consommateurs. Elles marquent un point de bascule à partir duquel des changements profonds devront intervenir. Après des projets emblématiques comme KMS3, une nouvelle séquence avec la réalisation du Grand Transfert d’eau devant alimenter la ville de Touba. Aujourd’hui, le message des plus hautes autorités de l’État est clair : la SONES doit continuer à être un instrument performant de mise en oeuvre de la politique nationale de l’eau”, souligne le ministre de tutelle.

Dr Cheikh Tidiane Dieye indique que le Sénégal est “à la croisée des chemins entre héritage et ambition”. A ce titre, la SONES qui a déjà des bases solides, doit relever de nouveaux défis avec confiance et détermination. Il déclare : “Nous entrons dans un temps de transformations profondes. Il s’agit de préserver les acquis, tout en inventant de nouvelles réponses aux enjeux stratégiques, économiques, sociaux et environnementaux qui s’imposent à nous. La réforme institutionnelle en cours, portée notamment par la lettre de politique sectorielle et la redéfinition des périmètres, ouvre une nouvelle étape dans la gouvernance du secteur. Cependant, un défi majeur demeure : celui de concilier l’équilibre financier avec l’impératif d’un accès équitable à l’eau”.

Néanmoins, il considère que les perspectives sont prometteuses, car les résultats déjà obtenus sur le terrain témoignent de l’impact réel de l’action de la Sones sur le bien-être des populations. Donc, il ne reste qu’à engager des réformes courageuses, des actes de rupture qui visent une gouvernance plus inclusive et plus efficiente. Car, déclare Dr Dièye, l’objectif est clair : celui de garantir une eau de qualité au meilleur coût, d’élargir l’accès au plus grand nombre et de mettre fin aux déséquilibres structurels du secteur.