NETTALI.COM – Le ministre Mansour Faye, qui évoque la clause de rendez-vous, détaille l’accord relatif à la renégociation du contrat entre le gouvernement du Sénégal et Eiffage. Il rassure que les tarifs sur le péage seront figés jusqu’en 2025 et trouve que l’Etat a réalisé une belle opération, à travers cette renégociation.

Le  ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, chargé du Réseau ferroviaire était invité, hier, mercredi 31 mars, à Walf Tv, en édition spéciale.

D’emblée, Mansour Faye a souligné que l’accord de 2009 signé avec Eiffage fut le premier partenariat public-privé connu par le Sénégal. Ainsi, dira-t-il, comme pour expliquer les faveurs faites à l’entreprise française, qui n’aura pas déboursé à hauteur du Sénégal pour hériter de cette concession, qu’« il ne fallait pas charger le promoteur, charger le compte d’exploitation sous forme de redevances ». « L’Etat avait choisi, par rapport à la redevance foncière, de ne pas trop charger », justifie-t-il le franc symbolique de 1000 F CFA, libéré par Eiffage pour exploiter le foncier sur lequel est bâtie l’autoroute à péage.  Maintenant, précise le ministre des Infrastructures, la clause de rendez-vous qui lie les parties est arrivée à expiration et c’est pourquoi le gouvernement a renégocié cet aspect du contrat, portant sur la redevance foncière. De l’avis de Mansour Faye, les 800 millions, qui représentent la nouvelle redevance foncière, sont indexés, à hauteur de 2%, sur le chiffre d’affaires.

A l’en croire, si le partenaire privé a accepté de faire ces concessions, tout en permettant au Sénégal d’entrer dans le capital à concurrence de 25%, c’est parce que des avancées ont été notées. Il mentionne, par exemple, que le trafic a évolué de 35% par rapport aux prévisions. « A l’époque, le coût du capital était trop important, car y a trop d’investissements, aujourd’hui le coût du capital est beaucoup plus accessible, y a moins de risques », relève-t-il.

En somme, l’Etat du Sénégal a payé 10 milliards 800 millions pour entrer dans le capital. A en croire Mansour Faye, le gouvernement a réalisé une belle opération, car, se réjouit-il, la valeur nette des 25 % du capital est de 19 milliards F Cfa, au lieu de 10 milliards 800 millions.

L’un des intervieweurs, le journaliste Ibrahima Anne, qui était en binôme avec Pierre Edouard Faye, est revenu à la charge, pour rappeler au ministre  que Eiffage n’avait libéré que 61 milliards pour se voir décerner le Graal. M. Faye lui demande de « relativiser ». Pour mémoire, sur les 380 milliards dégagés pour financer le tronçon Dakar-Diamniadio, le gouvernement du Sénégal  et ses partenaires financiers (AFD-Banque mondiale et BAD) avaient supporté les 319 milliards contre 61 pour le concessionnaire ;  pour le second tronçon de 16 km, Diamniadio – Aéroport de Diass, le  gouvernement et ses partenaires avaient mobilisé 60 milliards F CFa contre 32 pour Eiffage.  « En 2009, c’était pas évident. Il fallait que l’Etat supportât un investissement à l’exploitation pour qu’au bout, le coût du péage ne soit pas important. C’était soit laisser au promoteur de faire son modèle financier pour un cout au péage très élevé, soit que l’Etat fasse une subvention à l’exploitation pour amener le cout du péage à un niveau acceptable. C’est ce que l’Etat a fait. Avant le coût était de 3000 F Cfa. Aujourd’hui, l’Etat est parvenu à réduire ce coût à 2000 F CFA », renchérit le ministre. Nous précisons que les opérations de déguerpissement, de restructuration de quartiers et de relogement des populations sont inclues dans le coût global du projet.

                                                                         Les tarifs figés jusqu’en 2025

Pour finir, le beau-frère du chef de l’Etat a rassuré les usagers, en déclarant que l’indexation des prix sur l’inflation, n’aura aucun impact sur les tarifs. « L’Etat est parvenu à figer les prix jusqu’en 2025. Y aura pas une évolution du coût du péage. En 2018, l’Etat est parvenu à faire baisser le coût du péage », termine-t-il, donnant rendez dans 5 ans, quand la clause de rendez-vous sera de nouveau appelée, pour opérer, éventuellement, des améliorations sur le contrat.