NETTALI.COM - Après des semaines de négociations intenses, le Gouvernement du Sénégal et les syndicats représentatifs du G7 ont scellé, le jeudi 16 avril 2026, un protocole d’accord global. Cet engagement, placé sous le signe de la « paix sociale », marque la fin de la crise scolaire et engage les acteurs vers une transformation profonde du système éducatif national.
Réunis sous la présidence effective du Premier ministre Ousmane Sonko, les acteurs du système éducatif ont acté la fin du bras de fer par une signature solennelle. Ce dénouement, fruit d'un dialogue qualifié d’exigeant et de transparent, est le reflet d'une synergie gouvernementale impliquant notamment les départements de l'Éducation nationale, des Finances et de la Fonction publique. Pour les autorités, l’objectif est clair : transformer ce consensus en un levier d'excellence pour la jeunesse.
L’un des piliers majeurs de ce protocole concerne le sort des enseignants décisionnaires. Le gouvernement a consenti à la mise en place d'un « Guichet unique » spécifiquement dédié à l'application des décrets n° 2026-65 et n° 2026-66. Ce dispositif devra piloter leur reversement au Fonds national de retraite (Fnr) et acter l’allongement de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, une revendication phare du G7.
En parallèle, pour en finir avec les lourdeurs bureaucratiques, l’État s’engage à une « digitalisation intégrale du processus administratif ». Un second Guichet unique sera instauré pour traiter semestriellement la délivrance des diplômes professionnels et la régularisation des cotisations sociales.
Le volet social n'est pas en reste. D’ici décembre prochain, les autorités promettent la régularisation de titres et parcelles dans le cadre d’un programme d'habitat social « clés en main ».
Sur le terrain des infrastructures, l'engagement est pris d'accélérer la résorption des abris provisoires et de généraliser la connectivité numérique des établissements d’ici la fin de l’année 2027.
La question financière a également trouvé des réponses précises. Un Fonds d’appui sera institué pour sécuriser les indemnités d’examens, dont le paiement sera désormais dématérialisé. Le texte stipule que le gouvernement s’engage à payer « intégralement » les indemnités dues aux intervenants des Centres régionaux de formation des personnels enseignants (Crfpe) pour les sessions allant de 2023 à 2025, et ce, « au plus tard en fin juin 2026 ». De plus, un comité ad hoc verra le jour d’ici fin mai 2026 pour corriger la surimposition des rappels, l’État promettant d’en « apurer totalement les arriérés ».
Malgré ces avancées, certains points complexes demeurent en suspens. La question de la défiscalisation totale, dont le coût est estimé à 12 milliards de FCfa par an, a été renvoyée à la rubrique « perspectives », tout comme l'étude sur le reversement des instituteurs en catégorie B2 afin de préserver l'équilibre des corps.
En se portant garant de la mise en œuvre de cet accord, le Premier ministre a réitéré que le gouvernement demeure « l'allié privilégié du corps enseignant pour relever les défis de la qualité ».
En contrepartie, le protocole est assorti d’une clause de paix sociale, invitant désormais les acteurs à une « mobilisation générale » pour assurer la continuité pédagogique et le rattrapage du temps scolaire perdu.






