NETTALI.COM - Cheikh Oumar Diagne a. vivement critiqué le  gouvernement, pointant un manque de cohérence institutionnelle et des contradictions sur le plan des valeurs.

Invité sur le plateau de Seneweb, Cheikh Oumar Diagne n’a pas mâché ses mots à l’endroit du Premier ministre, dont il critique ouvertement certaines déclarations récentes. Selon lui, ces prises de position traduisent une méconnaissance des responsabilités liées à la fonction.

« Le Premier ministre ignore certainement ses propres prérogatives », a-t-il lancé, dénonçant notamment le fait qu’un membre de l’exécutif puisse exprimer publiquement un manque de confiance envers la justice. À ses yeux, une telle posture fragilise l’État lui-même. « Quand quelqu’un appartenant à l’administration affirme ne pas faire confiance à la justice, cela constitue une véritable catastrophe », a-t-il insisté.

Cheikh Oumar Diagne va plus loin en évoquant une inégalité dans l’application de la loi. Selon lui, un simple citoyen tenant de tels propos pourrait être poursuivi pour discrédit jeté sur les institutions. « La loi doit être la même pour tous », martèle-t-il, fustigeant une gestion qu’il qualifie de « légère ».

Au-delà de l’aspect institutionnel, l’homme politique s’est également attaqué à ce qu’il considère comme un décalage entre les références religieuses affichées par le Premier ministre et certaines orientations politiques.

« Il dit que le Prophète est sa référence, mais ses actions ne suivent pas cette logique », affirme-t-il. Il cite notamment la question des jeux de hasard, qu’il juge incompatible avec les principes moraux invoqués.

Dans la même veine, il appelle à une approche plus globale des questions sociétales, incluant la lutte contre des phénomènes comme l’alcoolisme ou la prostitution. « Ce n’est pas seulement une question de légalité, mais de valeurs », soutient-il.

Cheikh Oumar Diagne a toutefois lancé un appel à l’unité nationale sur certaines questions, notamment celle de la législation sur l’homosexualité. Selon lui, « tout le Sénégal doit faire bloc derrière le gouvernement » sur ce sujet.

Enfin, il a mis en avant le positionnement de sa formation politique, le « Rassemblement des valeurs », qu’il présente comme le seul parti assumant pleinement cet ancrage moral.

Cette sortie, à la fois institutionnelle et idéologique, relance le débat sur la cohérence de l’action publique et sur la place des valeurs dans la gouvernance au Sénégal.