NETTALI.COM - La procédure judiciaire visant Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, connaît un nouveau développement. La Chambre d’accusation financière de la Cour d’appel de Dakar a confirmé la décision du juge d’instruction levant son mandat de dépôt et ordonnant son placement sous contrôle judiciaire.

La juridiction était saisie par le parquet financier, qui contestait les ordonnances rendues le 7 janvier 2026 par le président du collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF). Ces décisions avaient permis à Farba Ngom de quitter la détention provisoire, une mesure à laquelle le ministère public s’était opposé.

Dans son recours, le procureur de la République financier, Abdoulaye Sylla, avait demandé à la Chambre d’accusation de suspendre l’examen du dossier. Il estimait que certaines questions juridiques liées à la loi sur le blanchiment de capitaux devaient d’abord être tranchées par le Conseil constitutionnel.

Mais dans son arrêt, la Chambre d’accusation financière a rejeté cette requête et confirmé la décision initiale du juge d’instruction.

La juridiction a notamment estimé que les arguments avancés par la défense constituaient des contestations sérieuses, justifiant la levée du mandat de dépôt.

Pour soutenir sa demande, le parquet s’appuyait sur un arrêt de la Cour suprême du 6 novembre 2025 dans une autre affaire impliquant Ndèye Seynabou Ndiaye. Cette décision avait ordonné la saisine du Conseil constitutionnel afin d’examiner une exception d’inconstitutionnalité portant sur certaines dispositions de la loi de 2024 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Le ministère public estimait que cette procédure devait entraîner la suspension de dossiers similaires, dont celui de Farba Ngom.

La Chambre d’accusation n’a pas retenu cet argument. Elle considère que la procédure concernant Ndèye Seynabou Ndiaye est distincte et ne saurait bloquer les droits procéduraux d’autres personnes mises en cause.

Dans sa décision, la juridiction rappelle également un principe fondamental du droit pénal : tout inculpé peut solliciter sa liberté provisoire à tout moment de l’instruction.

La Cour relève en outre que le parquet n’a formulé aucun grief précis contre les ordonnances du juge d’instruction, se limitant essentiellement à demander un sursis à statuer. Dans ces conditions, elle estime qu’aucun motif juridique ne justifie de revenir sur la décision de placement sous contrôle judiciaire.

L’origine de cette procédure remonte à un rapport transmis le 20 décembre 2024 par la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) au parquet du Pool judiciaire financier.

Ce document signalait des opérations financières suspectes impliquant Farba Ngom pour un montant total estimé à 125,9 milliards de francs CFA.

Selon les enquêteurs, ces fonds proviendraient en grande partie de paiements effectués par le Trésor public au profit de l’homme d’affaires Seydou Sarr, dit Tahirou, dans le cadre de marchés publics. Certaines sociétés liées à ce dernier auraient ensuite réalisé plusieurs virements vers des entreprises appartenant à Farba Ngom, ce qui a attiré l’attention des autorités financières.

Si la Chambre d’accusation a confirmé la levée du mandat de dépôt, l’enquête sur le fond du dossier se poursuit. Les juges d’instruction devront déterminer l’origine exacte des flux financiers et établir si ces transactions relèvent effectivement d’un système de blanchiment de capitaux.