NETTALI.COM - Face à ses militants, le dimanche 1er mars, le président de Pastef les patriotes est largement revenu sur ce qui se passe au Moyen-Orient. Ousmane Sonko n’a pas mis de gants pour s’en prendre vigoureusement à la politique de Donald Trump et des États-Unis.

Nous vivons des moments assez particuliers, des moments très sombres, des moments très délicats, dont il faut mesurer toutes les conséquences et implications. Depuis deux jours, s’est déclenchée au Moyen-Orient une guerre. Déclenchée par les États-Unis d’Amérique et leurs alliés israéliens, qui ont choisi de frapper l’Iran, déclenchant une riposte qui a embrasé toute la région du Golfe”, déplore-t-il.

De l’avis du Premier ministre sénégalais, le monde serait naïf de penser que ce conflit va se limiter à ce qui se passe actuellement en Iran. Il craint l’entrée en guerre d’autres acteurs, avec des conséquences encore plus fâcheuses. “Depuis un an maintenant, nous sommes dans une situation de remplacement du contrat social mondial par un retour à l’état de nature, de liquidation du droit international, où un pays peut se donner le droit, à tout moment, de kidnapper des présidents, de s’attaquer à d’autres pays, d’asphyxier des pays pour annoncer en prendre possession”, constate Sonko, qui considère ce qui s’est passé en Iran comme un assassinat.

Ceci est extrêmement grave. Et tout l’équilibre du monde, qui a été conçu ces 45 dernières années, s’en trouve compromis”, condamne-t-il. Les impacts sur le plan économique, selon lui, risquent d’être néfastes pour tous les pays, en particulier les plus vulnérables, notamment le Sénégal. “Vous savez que tout dépend des hydrocarbures : les industries, l’économie, les produits de consommation courante, tous les autres produits seront impactés. Et tout ça par une décision unilatérale d’un pays, tout-puissant soit-il, de déclencher une guerre, de frapper d’autres pays. C’est inadmissible”, soutient le leader politique.

Pour Ousmane Sonko, le problème est bien plus profond. L’objectif de Trump dépasse de simples frappes contre l’Iran et le Venezuela. L’objectif, c’est directement la Chine. “Nous savons que des puissances émergentes, regroupées autour des BRICS, avec la Chine comme pays moteur, sont en train non seulement de rattraper leur retard, mais aussi de prendre le dessus sur le vieux monde occidental avec, en tête de file, les États-Unis d’Amérique. Tout ce que vous voyez, ce sont des réactions de ce pôle, particulièrement des États- Unis qui ont peur de perdre leur domination sur le reste du monde”, analyse le PM, convaincu que c’est comme ça qu’il faille comprendre d’abord la capture de Maduro, et maintenant “l’assassinat” de Khamenei.

L’Afrique, de l’avis de Sonko, doit prendre conscience des enjeux, afin de prendre toutes ses responsabilités, de travailler et d’être consciente qu’elle ne peut compter que sur elle-même. Si elle ne le fait pas, souligne le PM Sénégalais, elle n’est pas à l’abris d’autres formes de domination comme sous la colonisation.