NETTALI.COM — La rupture du jeûne prévue ce vendredi au Palais de la République ne réunira pas l’ensemble des députés de la mouvance présidentielle. Plusieurs parlementaires du groupe Pastef ont annoncé qu’ils boycotteront l’invitation du chef de l’État, invoquant des divergences politiques et réaffirmant leur fidélité à Ousmane Sonko.

La rupture collective du jeûne organisée ce vendredi au Palais de la République se tiendra dans un contexte politique particulier. Plusieurs députés du groupe Pastef ont en effet annoncé publiquement qu’ils ne répondront pas à l’invitation du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, également membre du parti.

Dans leurs déclarations respectives, ces parlementaires évoquent des divergences de fond et affirment leur attachement au projet politique porté par Ousmane Sonko.

Invité sur le plateau de Walf TV, le député Cheikh Bara Ndiaye a assumé clairement sa position.

« Le Président Bassirou Diomaye Faye n’est pas notre leader politique. Tout ce qui nous intéresse, c’est le projet Pastef, celui qu’incarne Ousmane Sonko et le parti », a-t-il déclaré.

Il estime par ailleurs qu’il existe une incohérence entre l’invitation adressée aux députés en tant que membres de Pastef et l’existence d’une coalition distincte autour du chef de l’État. « S’il veut que nous soyons à ses côtés, il n’a qu’à changer de direction », a-t-il ajouté.

La députée Fatou Cissé Goudiaby a également décliné l’invitation dans un message public. Elle considère que la rencontre revêt un caractère partisan plutôt qu’institutionnel.

« Un ndogou est un moment de convivialité. Et lorsqu’on s’invite, cela appelle à un instant de complicité », écrit-elle, conditionnant sa participation à des « actes concrets » démontrant un alignement clair du chef de l’État avec le parti.

Elle remet en question la pertinence de la coalition soutenant le président depuis son investiture, estimant que Pastef n’a pas besoin d’un tel cadre pour exercer le pouvoir.

Même position pour le député Cheikh Omar Bamba Diop, qui affirme ne pas vouloir « légitimer une orientation qui s’éloigne des engagements pris devant le peuple sénégalais ».

Il critique notamment ce qu’il qualifie de « désaveu public » du leader du parti et la mise en place d’une coalition incluant, selon lui, des acteurs opposés au projet Pastef. « On ne peut être simultanément dans une coalition personnelle et dans le Pastef sans clarification politique », a-t-il déclaré.

De son côté, la députée Seynabou Yacine Sambe dit agir « par conviction ». Elle évoque plusieurs motifs : la nécessité que justice soit rendue aux « martyrs », l’exigence de reddition des comptes et des interrogations sur la cohérence politique actuelle.

Elle estime par ailleurs qu’une rencontre institutionnelle au Palais devrait concerner l’ensemble des 165 députés. « S’il s’agit d’une rencontre partisane, le Palais de la République n’en constitue pas le cadre approprié », a-t-elle soutenu.

Tout en réaffirmant son respect pour le chef de l’État, elle insiste sur sa fidélité au projet politique porté par Ousmane Sonko.

Ces prises de position publiques traduisent des lignes de fracture au sein même de la majorité parlementaire et mettent en lumière des tensions politiques persistantes autour de la relation entre le président Bassirou Diomaye Faye et le leadership de Pastef.