NETTALI.COM - Le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (CORED) a consacré, mercredi, son traditionnel « cas d’école » à la chronique journalistique, un genre qu’il considère comme exigeant et rigoureux, tout en déplorant les dérives qui tendent à la transformer en instrument de propagande politique ou de désinformation.

Organisée autour du thème « La chronique, un genre journalistique majeur dévoyé », cette rencontre a réuni des journalistes spécialisés dans les genres d’opinion ainsi que des formateurs en journalisme.

La dixième édition de ce rendez-vous bimestriel d’échanges et de réflexion a été animée par plusieurs figures de la presse sénégalaise, notamment Henriette Niang Kandé (Sud Quotidien), Pape Samba Kane et Sidy Diop (Le Soleil). Les débats étaient modérés par Cheikh Tidiane Ndiaye, ancien rédacteur en chef de l’Agence de presse sénégalaise (APS), reconnu pour son expertise dans les genres journalistiques d’analyse et de commentaire.

Intervenant lors des échanges, le journaliste et éditorialiste Sidy Diop a rappelé que la chronique requiert expérience et expertise, tout en soulignant qu’elle peut être exercée par des spécialistes d’autres domaines.

« Un général d’armée peut valablement faire une chronique sur les questions de défense, tout comme un médecin peut intervenir sur des questions de santé », a-t-il expliqué, précisant que l’expertise demeure un critère essentiel.

Selon lui, la chronique a progressivement été abandonnée par les journalistes formés, ouvrant la voie à des pratiques contestables. « La nature a horreur du vide. Si les journalistes expérimentés délaissent ce genre, d’autres se l’approprient, notamment parce qu’il permet rapidement de se faire une signature médiatique », a-t-il affirmé.

Sidy Diop a également relevé une confusion croissante autour de la notion de chroniqueur, estimant que cette appellation est souvent attribuée par les médias ou le public plutôt que revendiquée par les intéressés.

« Souvent, ce ne sont pas eux qui se présentent comme chroniqueurs. Ce sont les rédactions ou le public qui les perçoivent ainsi, alors qu’il s’agit davantage de commentateurs de l’actualité », a-t-il précisé.

Pour sa part, la chargée de communication du CORED, Nina Penda Faye, a justifié la tenue de cette rencontre par les préoccupations de l’institution face aux dérives observées dans le paysage médiatique.

Selon elle, le Conseil constate que de nombreux intervenants se présentent comme chroniqueurs, certains allant jusqu’à verser dans la diffamation, la calomnie ou la désinformation lors de leurs prises de parole publiques.

Cette initiative visait ainsi à sensibiliser les professionnels et aspirants chroniqueurs aux exigences du genre et aux règles éthiques qui encadrent sa pratique.

« L’objectif est d’attirer l’attention des acteurs des médias et d’aider ceux qui souhaitent exercer ce métier à comprendre les principes et les méthodes qui fondent une chronique journalistique », a-t-elle souligné.