NETTALI.COM  — Le mouvement And Samm Jikko Yi a dénoncé, lundi, ce qu’il qualifie de scandale d’abus sexuels impliquant un réseau criminel transnational, tout en lançant un ultimatum aux autorités sénégalaises pour criminaliser explicitement l’homosexualité dans le pays.

Lors d’un point de presse, l’organisation a affirmé qu’une enquête conjointe des polices sénégalaise et française aurait permis de démanteler un réseau spécialisé dans des abus sexuels sur mineurs et la transmission volontaire du VIH/Sida.

Selon ses déclarations, le cerveau présumé, Pierre Robert, un ressortissant français présenté comme le principal instigateur du système, aurait recruté des jeunes pour participer à la production de vidéos pornographiques impliquant des mineurs. Le mouvement affirme que les victimes auraient été droguées puis agressées, des actes qui auraient été filmés et diffusés en direct.

And Samm Jikko Yi a vivement condamné ces faits, établissant un parallèle controversé avec l’histoire de la traite négrière pour dénoncer la gravité des actes présumés.

Au-delà de cette affaire, le mouvement a critiqué le dispositif juridique sénégalais en matière de mœurs et de gouvernance. Son porte-parole, Babacar Mboup, a notamment mis en cause le caractère laïque de l’État et contesté certaines conventions internationales ratifiées par le Sénégal.

L’organisation estime que le cadre légal actuel, notamment l’article 319 du Code pénal, serait insuffisant pour réprimer l’homosexualité, qu’elle qualifie de « loi laxiste ». Elle pointe également certaines dispositions constitutionnelles et engagements internationaux comme des obstacles à une réforme législative dans ce domaine.

And Samm Jikko Yi affirme avoir engagé plusieurs démarches auprès des autorités depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye en mars 2024. Le mouvement évoque des correspondances adressées au chef de l’État et au Premier ministre Ousmane Sonko, des rencontres avec des responsables institutionnels ainsi que l’organisation de rassemblements publics.

Estimant que ces initiatives n’ont pas abouti à des mesures concrètes, l’organisation appelle désormais le gouvernement à tenir ses promesses de campagne relatives à la « souveraineté nationale » et à la réforme des politiques liées aux questions de genre.

Elle a fixé au 8 avril une date butoir pour une réponse des autorités, précisant qu’elle se réserve le droit de déterminer les actions à entreprendre en l’absence de décision.

À ce stade, aucune réaction officielle du gouvernement sénégalais n’a été enregistrée concernant ces déclarations ou l’ultimatum lancé par le mouvement.