NETTALI.COM - Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a reconnu mardi l’existence d’actes de violence commis aussi bien par des étudiants que par des forces de défense et de sécurité lors des affrontements ayant conduit à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. Il promet une enquête approfondie et des sanctions en cas de manquements avérés.
Intervenant lors d’un point de presse consacré aux incidents survenus à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, le ministre a admis que « certains de ces actes de violence émanaient des forces de défense et de sécurité ».
« On ne peut les cautionner », a-t-il déclaré, soulignant qu’en tant qu’autorité supérieure des forces de l’ordre, il ne saurait accepter des comportements contraires à ses principes.
La rencontre avec la presse s’est tenue en présence du ministre de la Justice, garde des Sceaux, du ministre des Forces armées ainsi que du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
Mouhamadou Bamba Cissé a rappelé que l’État est « dépositaire de la violence légitime », mais a insisté sur le fait que celle-ci doit être « calculée, équilibrée et nécessaire ».
« On ne peut pas aller au-delà pour commettre des choses qui relèvent à la limite de l’infraction pénale », a-t-il averti.
Le ministre a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de la mort d’Abdoulaye Ba, étudiant décédé lundi lors d’échauffourées survenues dans l’enceinte universitaire, sur l’avenue Cheikh-Anta-Diop et la corniche ouest de Dakar.
« Cette enquête ira jusqu’à son terme, et des sanctions seront prises », a-t-il assuré. « Nous ne tremblerons pas lorsqu’il s’agira de distribuer des sanctions, lorsque nous estimerons qu’il y a eu des faits qui procèdent de dépassement du simple rétablissement de l’ordre public. »
Les incidents interviennent dans un contexte de forte tension sur les campus universitaires. Les étudiants dénoncent notamment la fermeture des restaurants universitaires et une réforme relative aux bourses d’études.
Des mouvements similaires ont été signalés dans d’autres universités publiques du pays, notamment à Saint-Louis, Thiès et Ziguinchor, où les étudiants protestent contre des mesures jugées pénalisantes.
La reconnaissance officielle d’éventuels débordements au sein des forces de l’ordre constitue un élément notable dans la communication gouvernementale. Reste désormais à savoir quelles conclusions tirera l’enquête annoncée et si les responsabilités seront effectivement établies.






