NETTALI.COM - Au lendemain des violences sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar ayant coûté la vie à l’étudiant Abdoulaye Ba, l’Alliance Pour la République hausse le ton. Dans un communiqué au vitriol, le parti d’opposition impute l’entière responsabilité du drame au régime en place et appelle à une mobilisation nationale.

Le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance Pour la République (APR) a vivement réagi aux événements survenus le 9 février à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Dans une déclaration rendue publique, la formation politique accuse le pouvoir en place d’avoir franchi « une ligne rouge » dans ce qu’elle qualifie de « saga meurtrière ».

Selon l’APR, moins de deux ans après son arrivée à la tête de l’État, le régime actuel aurait fait de « l’usage permanent de la violence » son principal mode de gouvernance. Le parti affirme que la mort d’Abdoulaye Ba, étudiant décédé lors des affrontements sur le campus, est la conséquence directe d’une volonté de « mater, briser et réprimer » un mouvement estudiantin réclamant de meilleures conditions de vie et d’études.

Après s’être incliné devant la mémoire de l’étudiant disparu, le SEN de l’APR estime que « le pouvoir du Pastef est le seul responsable de cette tragédie inacceptable ». Le communiqué dénonce « l’incompétence » et la « violence bestiale » des autorités, qui auraient conduit à « un drame évitable » et fait planer le risque d’une répétition de tels événements.

Dans un ton particulièrement offensif, le parti parle d’un pouvoir « antipopulaire et de ruine nationale », et alerte sur les conséquences d’une gestion sécuritaire jugée excessive de la contestation sociale, notamment en milieu universitaire.

Face à la gravité de la situation, l’APR appelle à une large mobilisation des forces politiques et sociales du pays. Elle invite « toutes les forces vives de la Nation, toutes les organisations politiques, tous les syndicats et tous les mouvements citoyens » à exiger « la démission du ministre de l’Intérieur sans délai ».

Le parti réclame également « le retrait immédiat et inconditionnel des forces de l’ordre de l’espace universitaire », estimant que leur présence est incompatible avec un climat propice à l’enseignement et au dialogue. « Aujourd’hui, le salut du peuple sénégalais passe par une mobilisation de chacun et de tous pour que soit vaincu l’affreux pouvoir qui dirige aujourd’hui le Sénégal, pour son plus grand malheur », conclut le communiqué du SEN de l’APR.

Cette sortie politique intervient alors que les autorités ont annoncé l’ouverture d’enquêtes pour établir les circonstances exactes du décès de l’étudiant, dans un contexte de forte émotion nationale et de tensions persistantes sur le campus universitaire.