NETTALI.COM - L’Assemblée nationale a validé, lundi, la composition de la commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de l’immunité parlementaire du député de l’opposition Mouhamadou Ngom, dit Farba Ngom. Cette nouvelle étape s’inscrit dans le cadre de poursuites judiciaires additionnelles visant l’élu, déjà en détention préventive depuis février 2025.

L’Assemblée nationale du Sénégal a ratifié la liste des dix députés appelés à siéger au sein de la commission ad hoc chargée de statuer sur la levée de l’immunité parlementaire de Mouhamadou Ngom, figure de l’opposition parlementaire.

La commission est composée de Babacar Varore, Amadou Dia, Fatou Ngom, Mohamed Sélim Ayib Daffé, Marie Angélique Mame Selbé Diouf, Youngar Dione, Alioune Ndao et Ansoumana Sarr (majorité Pastef), Djimo Souaré (Takku Wallu, opposition) ainsi que Moussa Hamady Sarr (non-inscrit). Après la ratification de cette liste, les membres doivent se réunir pour mettre en place le bureau de la commission.

Les députés examineront, lundi prochain, le projet de résolution relatif à la demande de levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom, déjà privé de liberté dans le cadre d’une affaire présumée de blanchiment de capitaux.

Incarcéré depuis le 27 février 2025, Farba Ngom est poursuivi dans un dossier portant sur des soupçons de blanchiment de capitaux estimés à 125 milliards de francs CFA, selon le Pool judiciaire financier (PJF). Son immunité parlementaire avait déjà été levée une première fois le 24 janvier 2025 dans ce cadre.

Mais l’élu est désormais visé par de nouvelles accusations annoncées par la ministre de la Justice, Yassine Fall. Lors d’un point de presse tenu le 13 janvier, celle-ci a fait état de l’ouverture d’une enquête pour des faits présumés de « trouble à l’intégrité de la justice et à l’ordre public », à la suite de la découverte de deux téléphones portables dans la cellule du député.

Selon la garde des Sceaux, Farba Ngom aurait utilisé ces appareils pour diffuser des procès-verbaux judiciaires confidentiels, partager des contenus à caractère pornographique et échanger sur des manœuvres politiques susceptibles de troubler l’ordre public. Elle affirme que les téléphones ont permis des centaines d’appels et de messages avec des responsables politiques, des journalistes et des avocats, y compris des interlocuteurs à l’étranger (États-Unis, Autriche, Maroc, Mali et Bangladesh).

La ministre de la Justice a qualifié ces agissements de « faits d’une extrême gravité » et de violation manifeste du règlement intérieur des établissements pénitentiaires. Elle a également estimé que ces éléments ne corroborent pas l’argument d’une pathologie incompatible avec la détention, avancé par les avocats de l’élu pour solliciter sa mise en liberté.

Proche de l’ancien président Macky Sall, Farba Ngom demeure au centre d’un feuilleton judiciaire et parlementaire sensible. La décision que prendra l’Assemblée nationale à l’issue des travaux de la commission ad hoc sera déterminante pour la suite de la procédure, tant sur le plan politique que judiciaire.